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FANFICTION : L'incendie  Fofopo11


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 FANFICTION : L'incendie

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caliban40280



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MessageSujet: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty23/6/2017, 15:20

Bonjour.

Je ne sais pas où on se présente et je le ferai si jamais quelqu'un sait où se trouve le topic en question donc je m'excuse par avance si je débute dans un autre endroit.

Je viens de commencer à écrire une intrigue de plus belle la vie. Celle-ci débute le 10 juillet où j'y mets ma propre conclusion quant à l'affaire de l'incendie.

Je précise l'avoir débuté dimanche 18 juin et ne pas avoir lu les spoilers potentiels pour ne pas avoir le fin mot de l'histoire et donc que ma conclusion de cette intrigue sera très certainement à des kilomètres de celle prévu par les scénaristes.

Suite à cette conclusion je me lancerai donc à l'attelage de ma propre intrigue. En espérant que ça intéresse quelqu'un, si oui je posterai le premier épisode demain.

Je rappelle juste que c'est ma vision donc si les gens trouvent que ça ne colle pas avec les spoilers éventuels qui sont déjà tombés c'est volontaire car je regarde au jour le jour pour éviter de me laisser influencer dans l'écriture. J'ai simplement modifié le trait du personnage Eric qui est homosexuel, chose que je n'avais pas anticipé dans la première version de l'écriture.

Sur ce je vous souhaite une bonne journée à tous et en espérant trouver des gens pour qui mon travail pourrait représenter un intérêt quelconque.
Maïadelsol

Maïadelsol

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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty23/6/2017, 22:56

Bienvenue. J'attends de te lire. salut!
caliban40280



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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty24/6/2017, 12:20

Bonjour tout le monde.
Comme promis je vais poster le premier épisode. Mon équipe de scénaristes étant composé d'un unique membre, moi-même, je ne pourrai pas progresser aussi rapidement que je ne le souhaiterai. De ce fait j'essaierai de poster dès que je peux.
L'histoire débutant le 10 juillet il y a fort à parier que la réalité de France 3 m'aura rattrapé en arrivant à hauteur de mon intrigue, j'espère simplement que ça ne va pas trop m'influencer dans la suite de ma rédaction.
Je vous souhaite une bonne lecture à tous. Et navré pour toutes les fautes.

PLUS BELLE LA VIE :
EPISODE NUMERO UN : LUNDI 10 JUILLET 2017.
Huit heures du matin vient tout juste de sonner et pourtant la chaleur est déjà présente, commençant à gagner du terrain en englobant le moindre recoin d'air qui plane sur l'ensemble de la ville de Marseille et de ses environs. La canicule s'est installée sur la région depuis plusieurs jours et il semble évident que cet état de fait n'est pas près de changer. Le ciel demeure désespérément bleu sans qu'aucun nuage ne vienne troubler cette couverture qui s'étend loin au-dessus du monde des hommes. Et pour ceux à qui ils viendraient d'espérer un peu de pluis en vue de réapprovisionner les nappes phréatiques et les cours d'eau du coin, il semblerait que ces gens soient condamnés à devoir prendre leur mal en patience.
Loin de ce genre de préoccupation, Patrick Nebout, la cinquantaine approchant et commandant du commissariat du Mistral, se trouve actuellement sur son lieu de travai. Une tasse de café fumante à la main, il se tient dans une petite pièce sombre et ce malgré le néon allumé au plafond. Une vitre occupe toute une longueur, servant de miroir sans tain. De l'autre côté un homme est visible, assis sur une chaise en bois avec une table devant lui. L'individu toise Patrick sans vraiment le voir, le regard se veut méprisant et le sourire aux lèvres se veut goguenard. Il s'agit d'Eric Normand.
Nebout toise longuement son prisonnier, sans prononcé le moindre mot tout en se contentant d'avaler une gorgée de son breuvage. Près de lui, un peu sur sa droite, se dresse une tierce personne. Une femme dans la cinquantaine, les cheveux coupés courts à la garçonne et le teint légèrement pâle tandis qu'une lueur incertaine brille dans son regard. La personne en questionne se prénomme Anne Olivieri et occupe la fonction de commissaire.
"Vous êtes prête pour l'interrogatoire, demande Patrick d'une voix douce à l'intention de sa partenaire."
En guise de réponse sa coéquipière opine du chef. Elle est bien loin d'être rassurée par la suite des événements et semble dans l'incapacité d'avoir la force de prononcer la moindre parole.
"Vous êtes certaine d'être prête pour ça ?"
L'inquiétude de Patrick l'appelle à des souvenirs des deux tentatives de suicides de son vis-à-vis. Anne est encore fragile et cela s'en ressent dans sa manière de se comporter. C'est d'autant plus criant que son état paraît s'être dégradé depuis qu'elle sait qu'Ariane est belle et bien celle qui est à l'origine des nombreux événements qui ont eu lieu au cours des dernières semaines.
"Tout va bien, répond Anne Olivieri d'une voix qui se veut ferme."
Patrick opine du chef, cependant il semble bien loin d'être tout à fait soulagé mais ne fait nullement montre de ses pensées. Les deux policiers sortent donc de la salle, prête à gagner la pièce où les attend Eric en vue de l'interrogatoire.
**********
Pendant ce temps, à quelques dizaines de mètres de là et toujours dans le quartier du Mistral, un homme broie du noir tout en se tenant au niveau du comptoir du bar portant le nom du quartier. L'individu se nomme Jean-Paul Boher et à en juger par son état, le regard vitreux et le visage rouge, il est évident que le verre d'alcool devant lui n'est pas le premier qu'il ingurgite en ce début de journée. Roland, le patron des lieux, le fixe d'un air désapprobateur.
"Vous devriez arrêtez de boire comme ça.
-Oh pas besoin de la jouer mère la morale, rétorque Boher d'une voix pâteuse.
-Tout ira bien pour elle, vous n'avez pas de soucis à vous faire. La vérité va éclater, non ?
-Et alors, à cause de ce salopard ma femme va aller en prison pendant des années. Cette fois c'est certain."
Suite à quoi il lève sa main comme pour porter un toast à l'assemblée bien que l'endroit soit désert.
"Ah ce con**** de Normand. Je jure que si je croise sa route je vais lui faire payer cher.
-Allons ne dites pas une chose pareille, dit Roland. Vous en avez vu d'autres avec Samia. Je suis certain qu'elle va s'en sortir.
-Pas cette fois, répète sombrement Jean-Paul tout en vidant d'un trait son verre alcoolisé. Pas cette fois."
**********
Alors que la porte s'ouvre, Eric Normand tourne la tête vers cette dernière, rivant ses yeux droit sur les nouveaux-venus, les suivant du regard jusqu'à ce que ceux-ci aient pris place sur les deux chaises qui lui font face.
"Regardez-moi ça, voilà le duo magique, raille le capitaine. Alors quoi, vous avez décidé de venir me casser les couilles en venant parader devant moi ? Allons vous en avez pas marre de me faire chier, poursuit-il sans chercher à dissimuler son énervement.
-Continuez donc à faire le malin Normand, ça vous ressemble trop, réplique le commandant Nebout avec calme. Et profitez-en car nous en avons bientôt terminez avec vous, continue Patrick avec assurance. Nous aurons bientôt toutes les preuves qu'il nous faut pour vous envoyer à l'ombre un bon bout de temps."
Eric est bien loin d'être impressionné par de telles propos. Au contraire, l'homme est relativement confiant tandis qu'il fixe longuement sa supérieure hiérarchique. Anne tente de soutenir son regard mais le teint pâle de la femme laisse deviner son malaise.
"Et de quoi on m'accuse ce coup-ci ? Je croyais que vous saviez que je n'avais pas allumé ce fichu incendie.
-Nous avons revérifié avec l'expert. D'après lui le responsable a fait en sorte de différé le départ, affirme Patrick. Un dispositif tout simple mais qui vous laissez amplement le temps d'être loin du commissariat sans avoir à éveiller les soupçons.
-Ariane, commence à dire Eric.
-N'a rien à voir avec cela, conclu Patrick. Oh certes je conviens que vous avez finement joué à chercher à l'inculper. Après tout il paraissait que le mobile voulait tendre à lui faire recruter des personnes pour son syndicat. C'était une explication plausible mais vous saviez pertinemment que ça ne tiendrait pas debout très longtemps. Un jour ou deux tout au plus. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé, n'est-ce pas ?"
Eric ne répond rien, attendant la suite. Patrick laisse mijoter l'autre une bonne minute avant de reprendre sur le même ton posé.
"Quand vous avez compris cela et que les soupçons avaient des chances de se tourner une nouvelle fois vers vous, vous avez décidé de passer à la prochaine étape de votre plan. Vous avez organisé une agression raciste en visant Samia et Amine. Le but étant de laisser penser qu'Ariane pouvait être l'instigatrice de ceci. Après tout elle n'a jamais caché détester les Arabes.
-N'importe quoi, lâche Normand tout en secouant la tête.
-Cela a fonctionné. Il fallait pourtant poursuivre dans cette voie. Vous avez donc continuez à mettre de l'huile sur le feu quand vous avez réalisé qu'Ariane s'en sortait encore. Donc vous avez fait en sorte de laisser entendre à Samia qu'Ariane en profiter pour se rapprocher de son mari. Le fait qu'il y ai une complicité entre les deux jouaient en votre faveur. C'était certes peu habile d'un bourrin comme vous mais vous savez où appuyer pour convaincre les gens et les conduire là où vous voulez. Et votre but était devenu simple, faire en sorte de tuer Ariane.
-Et pourquoi j'aurai cherché à me débarrasser d'elle ? Nous étions collègues depuis des années. On bossait en confiance.
-Tout simplement parce qu'elle-même commençait à avoir des doutes à votre sujet. Après tout quelqu'un paraissait enclin à la faire tomber pour l'incendie ou autre. Et comme vous le dites, tout ce temps passer ensemble fait qu'elle vous connaît par coeur. Vous ne pouviez vous permettre qu'elle mette à mal tout votre plan."
Une nouvelle fois Patrick se tait. Les deux mâles de défiant longuement du regard.
"Et pour quoi me serai-je donné tant de mal. Il n'y a rien qui puisse me pousser à agir de la sorte.
-Votre penchant pour les hommes, répond simplement Patrick."
Durant une fraction de seconde Eric semble sur le point d'exploser tout en lançant un rapide coup d'oeil vers la caméra, sans doute inquiet que quelqu'un ai pu entendre cette remarque depuis l'autre côté du miroir sans tain.
"Ne me comparaît pas à une tafiole, articule-t-il sur un ton menaçant.
-Vous savez très bien de quoi il en retourne. Joao Figot, votre amant.
-Je croyais qu'on avait convenu d'en parler à personne.
-Oh mais votre secret n'en ai plus vraiment un.
-Et donc, tente de dire Normand sur un ton qui se veut posé, l'incendie aurait été provoqué à cause de Figot ? Du grand n'importe quoi.
-Cela est lié à qui vous êtes réellement, Normand. Et si je vous parlais de Sylvain Seriol, ajoute-t-il après une demie-douzaine de secondes de silence."
Eric accuse le coup en entendant l'identité déclinée. Néanmoins il se ressaisi bien vite.
"Qui ?
-Sylvain Seriol, répète Patrick. Un homme de 35 ans qui a été assassiné chez lui. Un crime passionnel d'après le rapport que nous avons pu lire.
-Et alors, sa femme l'a sans doute buté en découvrant qu'il avait une maîtresse.
-Sylvain était homosexuel, précise le commandant face à l'affirmation de son suspect. Vous le connaissiez même très bien. Votre "compagnon" Figot nous a affirmé que Sylvain et vous étiez assez proche les semaines qui ont précédé son meurtre. Je présume que Sylvain tendait à vouloir que votre relation devienne plus sérieuse. Pour vous c'était une idée insupportable. Après tout si l'un de vos collègues venaient à le découvrir s'en était terminé de votre réputation. Il vous fallait donc éliminer le problème de façon définitive."
Un nouveau silence vient s'installer dans la pièce avant que Patrick ne poursuive. Pour sa part Anne est incapable de dire quoi que ce soit, tant elle se sent nauséeuse face à la vérité.
"Quand l'incendie a débuté nous pensions que c'était la drogue que l'on cherchait à détruire. Une fois la poudre anéanti les dealers seraient tranquilles. Je vous ai même soupçonné suite à cette saisie en pensant que vous étiez un ripou. Puis j'ai accusé Amine en raison des pressions exercées sur sa mère et lui par ceux de son quartier. Il a été vite blanchi, d'autant plus que les badges désignaient deux personnes comme possible auteur du crime. Ariane et vous. C'était vers ce moment-là que les doutes ont subitement basculé vers Hersant. Peu de temps après que je me suis interrogé sur si oui ou non une autre raison pouvait expliquer qu'on ai provoqué un incendie visant à détruire le commissariat. J'ai donc étudié le listing qui répertorié tout le contenu de la salle aux scellés. Vous saviez que c'était risqué car tôt ou tard je finirai par mettre le doigt sur la vérité. Je présume donc que l'arme du crime ayant servi à tué Seriol pouvait être reliée directement à vous et qu'il fallait faire en sorte de la récupérer avant qu'on ne puisse étudier le numéro de série et qu'en conséquence de quoi vous soyez accusé du meurtre de votre ancien amant.
-Vous croyez vraiment en votre baratin ? Je ne suis pas stupide, même avec les flammes il aurait été possible que l'arme lâche ses secrets. Avec les techniques modernes de la science et tout ça.
-Certes. Toutefois le but de votre manoeuvre était de laisser supposer que le pistolet avait été réduit en cendre en même temps que tout le reste alors que vous l'aviez subtilisé."
Eric ne répond rien à cette conclusion, préférant afficher une expression neutre qui ne lui colle pas vraiment à la peau. Tout à coup, et sans que rien ne le laisse présager, son visage se fend d'un large sourire.
"Pas mal comme théorie commandant, pas mal. Mais vous n'avez pas la moindre preuve de ce que vous dites. Quant à Figot il a toujours été jaloux et possessif. Et comme je n'ai pas répondu à ses avances il a voulu se venger en m'accusant. Des déclarations débiles qui pourront vite être récusées par n'importe quel avocat.
-Il n'en demeure pas moins que c'est vous qui avez oeuvré pour pousser Samia Boher a tué Ariane lundi dernier une fois que vous étiez certain que les soupçons tendaient essentiellement à désigner mademoiselle Hersant.
-Si la beurette lui a tiré dessus c'est son problème. Je ne lui ai pas mis le flingue entre les mains. Donc, poursuit-il avec un sourire sardonique, si je comprends bien vous n'avez absolument rien contre moi si ce n'est des suppositions."
Il agite alors ses poignets, faisant cliqueter les menottes qui les encerclent.
"Je crois que vous pouvez me débarrasser de cela commandant."
Patrick n'en fait rien. Le commissaire et lui toisent toujours Normand. Il est vrai que pour le moment ils n'ont pas la moindre preuve matérielle à l'encontre de leur suspect qui s'est débrouillé pour que tous les indices conduisent inlassablement vers Ariane. Or Patrick et Anne ont voulu jouer le tout pour le tout en ayant placé le capitaine en garde à vue jusqu'à obtenir ce qu'ils cherchent et ne paraissent donc pas résigner à relâcher l'autre.
"Je me doutais bien que vous ne passeriez pas aux aveux, reprend Patrick. C'était couru d'avance avec un homme de votre trempe. Et après tout vous vous êtes donné beaucoup de mal à faire porter le chapeau à votre collègue.
-Votre acharnement est pathétique commandant de mes deux, lâche Eric avec colère.
-Quoiqu'il en soit vos aveux sont finalement inutiles puisque nous avons tout ce qu'il faut pour vous coffret un bon bout de temps.
-Vraiment ? Alors pourquoi ai-je l'impression que je serai libre d'ici quelques minutes ?"
Au même instant le téléphone d'Anne se met à vibrer. Elle jette un coup d'oeil à l'écran. Patrick l'interroge silencieusement du regard. La femme hoche la tête sans dire le moindre mot. Pour sa part Normand suit cet échange tout en fronçant les sourcils. Le commissaire se lève en suivant de sa chaise en vue de gagner la porte de sourire. Patrick en profite pour focaliser toute son attention sur son suspect.
"A votre place je cesserai de sourire, poursuit le commandant."
Anne ouvre la porte et Ariane apparaît sur le seuil en compagnie d'Amine. La femme a le visage totalement impassible tandis que le jeune homme donne quelque chose à sa supérieure hiérarchique tout en lui murmurant des propos inaudibles. Dans le même temps Eric Normand écarquille les yeux, stupéfait de constater qu'Hersant est toujours de ce monde.
Ariane adresse alors un regard dégoûté à Eric puis suit Amine vers une autre partie du commissariat. Anne referme la porte avant de retourner à sa place et d'agiter le petit sac en plastique contenant une arme.
"Nous avons trouvé ça chez vous, glisse-t-elle.
-Impossible.
-Et pourtant si, lâche Patrick satisfait. Je suppose que la balistique prouvera que c'est elle qui a servi à tué Seriol.
-Mais ... mais, déclare Eric toujours abasourdi par l'apparition d'Ariane.
-Oh oui Hersant est toujours en vie, dit Patrick. Etonnant, n'est-ce pas ? Malheureusement pour vous il semble que vous ayez sur-estimé Samia, continue le commandant sans rien dissimulé de sa fierté. Sur la fin elle a compris le but de votre manoeuvre grâce à Léo qui lui a ouvert les yeux. Tous les deux et Ariane ont donc mis en scène la fausse exécution de cette dernière dans le but d'endormir votre vigilance. Vous avez mordu à l'hameçon et fait en sorte de créer de nouvelles fausses preuves qui tendraient à prouver définitivement qu'Ariane était n'unique responsable de tout ce qui est arrivé. Or Castelli et Amine avaient pour but de profiter de ces quelques jours pour enquêter en sous-main. Comme je savais qu'il y avait un risque pour que vous vous en sortiez j'ai décidé de vous placer en garde-vue vendredi. Et finalement ça a payé puisque nous avons pu mettre la main sur ceux-ci."
Patrick Nebout tapote le sac en plastique qui contient le pistolet.
"Une fois que nous aurons la certitude que c'est vous qui avez tiré sur Seriol je vous garanti que vous passerai les prochaines années à l'ombre d'une prison insalubre."
Le capitaine ne répond rien, s'enfermant dans un mutisme qu'il ne compte pas rompre. Il se sait finit avec Ariane qui en sait beaucoup. La femme le toisant avec mépris. Pour sa part Anne a le visage emprunt de malaise tandis qu'elle aussi observe l'homme en qui elle avait toujours eu confiance pendant toutes ces années de collaboration, sans savoir si oui ou non elle pourra se remettre un jour de cette trahison et d'avoir failli à ouvrir les yeux sur la vérité.
**********
Toujours présent au niveau du comptoir du Mistral, Jean-Paul termine tout juste son troisième verre avant d'agiter celui-ci dans le but de faire comprendre à Roland de lui resservir. Le patron des lieux a beau comprendre ce que traverse le père de famille, il n'en demeure pas moins qu'il juge que celui-ci s'est suffisamment morfondu.
"Il n'en est pas question, fait-il avec un ton catégorique et la mine sévère.
-Oh la ferme et servez-moi.
-Vous avez vu dans quel état vous vous mettez ? Vous feriez mieux de rentrer chez vous. Votre fille vous y attend.
-Elle est avec les parents de Samia, rétorque Jean-Paul. Ils sont arrivés ce weekend en apprenant la nouvelle. Moi je ... . Je n'avais pas la force de rester là-bas pour leur ... . Leur faire comprendre que Samia ... ."
Boher est incapable de terminer sa phrase et porte le verre à ses lèvres avant de se remémorer que le récipient est vide. De dépit il fait claquer ce dernier sur le comptoir. Au même instant Léo Castelli arrive, faisant signe à Roland de lui servir quelque chose tout en prenant place à la gauche du lieutenant.
"Normand va être transféré aux Baumettes d'ici la fin de la matinée, explique-t-il à Jean-Paul. Nous avons pu le coincer pour avoir commandité le meurtre d'Ariane. Avec un peu de chance il tombera aussi pour meurtre.
-Qu'est-ce que ça peut bien me faire, rétorque le mari de Samia avec brusquerie. A cause de ce fumier j'ai perdu ma femme et une amie.
-Samia ne restera pas en prison, affirme Léo. Elle n'a pas tué Ariane."
Surpris d'une telle révélation, Jean-Paul dresse vivement la tête pour zieuter le capitaine. Celui-ci vide la moitié de son verre emplit de jus de carotte avant de reprendre la parole.
"Navré d'avoir dû t'imposer cette épreuve mais je t'assure que Samia ne risquait rien. Le juge a fait en sorte de la placé exprès en isolement."
Devant l'air interdit de son collègue, Léo s'empresse donc de poursuivre. Roland écoute également la conversation.
"On a fait cela dans le but de piéger Normand, débute ainsi le récit du quinquagénaire. Il fallait lui faire croire qu'il avait toutes les cartes en mains afin de pouvoir agir dans le plus grand secret et ... ."
Suite à quoi Léo Castelli se met à lui narrer l'intégralité du plan qui a été monté dans le but de parvenir à coincer le capitaine Eric Normand.
**********
Midi vient tout juste de passer et la chaleur continue d'écraser la ville de Marseille sous les puissants rayons du soleil. Le cliquetis d'une serrure se fait alors entendre, perçant ainsi le silence ambiant qui régnait jusqu'alors dans l'appartement de Blanche Marci. Peu de temps après la porte principale s'ouvre, dévoilant la propriétaire des lieux. Blanche, quinquagénaire et qui est accompagnée par son fils Noé ainsi que son mari Nicolas Berger. Tous trois ont des valises qu'ils tirent jusque dans le salon. Le garçon affiche un grand sourire.
"Le Japon c'était trop super, déclare-t-il à l'assemblée."
Blanche lui sourit en retour, heureuse face à la joie qui émane de son fils. Nicolas passe un bras autour de la taille de son épouse, dans un geste de tendresse, tout en portant ses yeux sur Noé. Lui aussi arbore la même expression que sa chère et tendre. Pour sa part le garçon fait montre de ses nouvelles connaissances récemment acquises.
"Ohayoo gozaïmasse. Sayoonara."
Le couple fixe toujours l'enfant, le sourire demeurant suspendu à leurs lèvres, de la tendresse en plus en ce qui concerne Blanche. Cette dernière prend la parole, s'adressant à son compagnon.
"Je suis contente que tu es accepté de prolonger notre séjour. Je ne l'ai jamais vu aussi heureux de découvrir de nouvelles choses.
-Oh moins ça va beaucoup l'enrichir et ça lui fera de beaux souvenirs à raconter à ses camarades de classe quand il les retrouvera à la rentrée, affirme l'homme adulte. Et puis après tout vous êtes ma petite famille, il faut bien que je vous fasse plaisir."
Au même instant le téléphone portable de Nicolas se met à vibrer. Celui-ci s'en saisit. Blanche l'interroge silencieusement du regard.
"Un message, explique Nicolas. Je m'excuse mais il semble que l'hôpital ai déjà besoin de mes compétences, je vais devoir y aller."
Une moue de déception transparaît alors sur le visage de Blanche.
"Déjà ? Mais on vient tout juste de rentrer."
En guise d'excuse Nicolas l'embrasse rapidement sur les lèvres avant de s'en aller en suivant.
**********
Au poste de police Patrick et Anne sont présents dans le bureau de cette dernière.
"Je pense qu'Ariane va réintégrer officiellement le commissariat, précise la femme.
-Une chance que le juge Senghor ai accepté de jouer le jeu.
-C'était risqué, d'autant plus si nous venions à échouer.
-Mais ce n'est pas le cas. Quoiqu'il en soit je suis bien content que nous soyons débarrassé de lui. On va pouvoir travailler sur de meilleures bases désormais.
-Oh je doute que ça soit le cas."
Patrick toise longuement son vis-à-vis, surpris.
"Je pensais que nous formions un beau duo, pourquoi ne pas étendre la recette miracle au reste du commissariat ?
-Parce qu'il y aura toujours des tensions entre vos hommes et les miens, surtout avec ce qu'il s'est passé."
Elle secoue la tête.
"Non, je ne crois pas que ça marcherait. Quand bien même nous ne serons bientôt plus présent.
-Comment ça, l'interroge Nebout.
-La mairie nous a affrété de nouveaux locaux. Plus récent qu'à Canet. Le luxe quoi, ajoute-t-elle avec un pâle sourire."
Patrick paraît légèrement déçu mais hoche la tête sans mot dire.
"Regardez le bon côté des choses, poursuit Anne, vous allez pouvoir récupérer votre bureau."
Patrick et elle se sourient alors mutuellement tandis que le commandant se remémore le moment où Anne lui passait un carton plusieurs jours auparavant où elle lui ordonnait d'y mettre ses affaires.
**********
Blanche est présente au niveau de sa cuisine, préparant deux tasses de café. Dans le même temps la voix de Coralie lui parvient depuis le salon. L'intéressée étant installée sur le canapé.
"Alors comment se passe le retour à la réalité ?"
Blanche lui répond tout en la rejoignant.
"Difficile. Je crois bien que je serai restée plus longtemps."
Elle affiche un sourire radieux tout en tendant une des deux tasses de café à son amie. Celle-ci s'en saisit et sourit en retour à Blanche. Il est évident que le professeur de mathématiques espère davantage d'information de la part de sa collègue. Voyant qu'il n'en est rien, elle prend les devant.
"Bah alors raconte, comment c'était avec Nicolas ?
-Oh il a été aux petits soins avec moi. Je ne pouvais pas rêver mieux.
-Et il n'a pas été ... ."
Coralie hésite à poser la question, analysant mentalement le visage de Blanche afin de savoir si oui ou non elle peut se lancer. Finalement elle se décide à le faire.
"Et il n'a pas eu un comportement un peu étrange ?"
Une interrogation qui surprend fortement la jeune mariée. Pendant une demie-douzaine de secondes elle demeure totalement interdite, puis son regard s'éclaire lorsqu'elle réalise la raison qui pousse Coralie à lui demander cela.
"Ne me dit pas que tu penses encore à cette histoire de l'Enchanteur ? Tu sais très bien que Nicolas n'est pas ce tueur en série."
Coralie ne répond pas tout de suite. Finalement elle prend la parole.
"Je me souviens qu'il m'en a beaucoup voulu il y a quelques années quand je l'ai soupçonné d'avoir tué toutes ces femmes. J'avais peur qu'il ne t'en veuille également pour avoir douté de lui."
Blanche affiche un sourire.
"Pas du tout, il a même été d'une rare tendresse avec moi. Il paraissait ... libérer. En tout cas je n'étais jamais été aussi heureuse.
-Je vois ça, réplique la blonde."
Elle feint de partager la joie de sa meilleure amie mais son regard trouble force Blanche à se rendre compte que Coralie semble tracasser.
"Quelque chose ne va pas, s'enquit-elle.
-Rien, rien. Juste que tu es heureuse alors que moi j'ai toujours du mal avec les hommes.
-Tu trouveras, la rassure Blanche du mieux qu'elle le peut."
Coralie se force à avoir un rictus mais ne paraît pas vraiment croire en ce qu'affirme Blanche. Mais plutôt que de le lui faire remarquer, elle se contente de boire une gorgée de café tout en portant son regard ailleurs.
**********
Le bureau de Jeanne témoigne du nombre de dossiers qu'elle traite actuellement. Surmené la femme ne semble plus savoir où donner de la tête tandis le son d'un ventilateur se fait entendre, essayant vainement de rafraîchir la pièce où elle se trouve. Soudain des coups à la porte retentissent, la faisant lui dresser la tête.
"Entrez, fait-elle."
Nicolas Berger s'exécute.
"Vous m'avez envoyé un message ?"
En le voyant Jeanne affiche un soulagement non feint. Elle désigne la chaise qui se trouve de l'autre côté de son bureau. Le chirurgien y prend place.
"Je suis contente que vous soyez venu. Je sais que vous veniez de rentrer de voyage et ... .
-Et vous avez cru bon de m'appeler aussitôt comme un chien que l'on siffle, termine Nicolas.
-Vous vous êtes pourtant empressé de venir.
-Oh la conscience professionnelle très certainement, rétorque Nicolas sur un ton railleur. Et puis j'avais hâte de mettre en pratique tous les avantages que vous m'avez promis peu avant mon départ, vous vous souvenez ?"
Oh oui Jeanne s'en souvient que trop bien, en témoigne l'expression de son visage.
"Vous avez obtenu beaucoup de choses docteur Berger, alors il est inutile de tirer sur la corde.
-Vous ne récoltez que ce que vous semez, affirme Nicolas en gardant son assurance.
-J'ai reconnu que j'ai eu tort de me comporter de la sorte en vous ayant mis à pied après les soupçons qui pesaient sur vous pendant cette histoire de l'Enchanteur. Je vous ai même fait des excuses devant tout le personnel de l'hôpital comme vous me l'avez stipulé.
-Et j'ai vraiment apprécié ce délicieux moment, surenchérit le chirurgien.
-Nous avons besoin de vos compétences ici docteur Berger, néanmoins si je juge que votre comportement peut nuire au bon déroulement de cet hôpital je vous préviens que je me passerai de vos services.
-J'en doute, affirme son interlocuteur. Je suis le meilleur et vous le savez. Jamais cet établissement ne pourra se passer de quelqu'un comme moi.
-En tout cas je constate que votre lune de miel n'a en rien changé votre ego. Quoiqu'il en soit vous reprenez le travail demain matin. Je suis certain que vos internes seront ravis de vous savoir de retour pour les former.
-Ca je n'en doute pas, dit Nicolas en souriant. Ils m'ont énormément manqué ces jeunes pleins de talents, ironise-t-il. Surtout la petite Lea Nebout."
Les yeux de Nicolas semblent pétiller de malice. Regard qui, curieusement, semble rendre Jeanne mal à l'aise bien qu'elle n'en montre rien.
**********
Jean-Paul est présent au niveau de la sortie de prison. Il attend en se tenant près de sa voiture tandis que dans la journée commence à tirer vers sa fin. Le soleil n'est certes plus visible, camouflé par les façades des édifices, il n'en demeure pas moins qu'il fait toujours chaud. Pourtant cet état de fait ne perturbe en rien Jean-Paul qui attend patiemment depuis plusieurs minutes que sa femme soit enfin libre de sortir.
Finalement c'est le cas. Samia pousse le portail en fer forgé et se retrouve sur le trottoir. A l'opposé de sa position se tient son mari. Ce dernier se hâte de traverser la chaussée. La jeune maghrébine lui sourit, heureuse de le retrouver. Elle s'apprête à l'embrasser mais Jean-Paul a un mouvement de recul. Geste qui la rend perplexe.
"Qu'est-ce qu'il se passe, le questionne-t-elle.
-Comment as-tu pu nous faire ça à Lucie et à moi, lui demande Boher sur un ton un peu plus sec qu'il ne l'aurait voulu. Comment as-tu pu nous laisser dans l'ignorance ?"
Samia baisse les yeux un court instant. Le malaise est perceptible, suintant par tous les pores de sa peau. Finalement elle trouve le courage de plonger son regard dans ceux de son mari.
"C'était le seul moyen pour coincer Normand. Il fallait lui faire croire qu'il avait l'avantage.
-Tu te rends compte que j'ai cru que tu allais passer des années en prison ?"
Samia déglutit, sans rien trouver à répondre dans l'immédiat. Elle aussi se sent mal vis-à-vis de Lucie.
"Je ne savais même pas comment lui faire comprendre que sa mère n'aller peut-être plus rentrer à la maison.
-Patrick savait que Normand aurait compris si nous t'avions mis dans la confidence.
-Et toi tu l'as laissé faire ? Comment ... ."
Incapable de parler Jean-Paul se détourne, se sentant blessé et meurtri par ce que Samia a fait. Celle-ci le regarde alors, paraissant sur le point de craquer. Un fossé semble s'être creusé entre le couple sans que rien ne laisse supposer que celui-ci ne puisse être comblé dans l'immédiat.

FIN DE L'EPISODE.
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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty24/6/2017, 12:24

Juste pour signaler que j'avais réalisé une mise en page pour faire aérer mais quand je fais "envoyer" ça met tout en un bloc. Navré pour cela mais si quelqu'un a une idée de comment s'y prendre car quand je tente de faire des espaces pour les paragraphes ça demande un temps fou.

Merci.

PS : Navré pour le double post c'était simplement pour vous avertir Smile
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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty28/6/2017, 12:38

Bonjour tout le monde.

Aujourd'hui je poste l'épisode deux. Je ne sais pas encore quand j'aurai fini le prochain. En attendant je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que je vais réussir à aérer le texte qui suit.

EPISODE NUMERO DEUX : MARDI 11 JUILLET 2017.

La nuit s'étend pleinement dans le ciel tandis que trois heures du matin vient tout juste de sonner. Allonger sur le canapé de son appartement, Jean-Paul Boher est sur le dos, fixant sans vraiment y focaliser son attention, le plafond qui le surplombe. Le silence règne alentour. Puis la porte menant à la chambre conjugale s'ouvre, dévoilant Samia en nuisette. La jeune femme porte ses yeux vers le sofa qui, depuis son point de vu, lui dissimule son époux.

"Jean-Paul, demande-t-elle avec une voix légèrement inquiète. Tu dors ?"

Aucune réponse ne lui parvient.

"Jean-Paul, répète-t-elle sur un ton un peu plus insistant."

Une fois encore l'intéressé ne daigne lui adresser la parole.

"Jean-Paul on ne peut pas s'ignorer ainsi."

Boher émet alors un grognement signifiant l'avoir entendu. Toutefois le mari de Samia ne donne aucun signe qu'il souhaite engager une conversation. Malgré tout, et encourager par la manifestation de Jean-Paul, Samia décide de prendre place sur le fauteuil perpendiculaire au divan. Là elle reste entièrement focalisée sur le faciès de l'homme tout près d'elle. Finalement, et après un peu moins d'une minute, Jean-Paul consent à s'asseoir au travers du sofa en vue de pouvoir porter toute son attention sur sa chère et tendre.

"De quoi veux-tu parler, fait-il sur un ton un peu abrupt.
-De ce qu'il s'est passé.
-Inutile, je sais déjà la vérité. Tu ne me fais pas confiance et tu n'as donc pas jugé qu'il était utile de me mettre dans la confidence.
-Je le voulais, affirme Samia."

Elle prend place en bout de canapé, à hauteur de là où se trouvait les pieds de Jean-Paul quelques secondes plus tôt. La jeune maghrébine essaie d'afficher un sourire mais ce dernier paraît crispé.

"Je voulais vraiment tout te raconter, soutient Samia. Mais Patrick ne voulait pas qu'on te le dise. Il pensait que Normand aurait compris la vérité si cela avait été le cas.
-Mais je suis ton mari, rétorque Jean-Paul. Ton mari. Tu aurais au moins pu me l'apprendre. J'aurai su me taire.
-Je ..., commence la femme.
-Tout ce que je vois c'est que tu n'as pas cru bon de me le dire car tu n'avais pas assez confiance en moi.
-Pas du tout, proteste Samia."

Pendant une dizaine de secondes le couple se contente de se regarder. Les lèvres de Samia tremblent légèrement. Finalement son mari s'allonge à nouveau sur le canapé, lui tournant délibérément le dos.

"Bonne nuit, lâche-t-il sur un ton assez froid."

Une larme coule et glisse le long de la joue gauche de Samia.

**********

Il est tout juste neuf heures du matin lorsque Patrick gagne le bureau de la commissaire Anne Olivieri. Tous les deux ont pris place sur des sièges et semblent attendre quelqu'un.

"Quand doit-elle arriver, demande le commandant à sa collègue.
-Bientôt, se contente de lui apprenne Olivieri."

Et à peine a-t-elle fini que la personne dont il est question se dévoile à eux en entrant dans la pièce et ce sans avoir frapper à la porte. Il s'agit d'Ariane qui les toise tour à tour.

"Vous en tirez des têtes d'enterrement, lâche-t-elle à l'assemblée. Quelqu'un est mort, poursuit-elle avec un humour particulier."

Anne se lève de son fauteuil et s'approche d'Ariane qu'elle enlace, le soulagement se lisant sur le visage de la commissaire. A la fois surprise et mal à l'aise face à ce geste d'affection, Ariane s'écarte doucement mais avec une certaine fermeté tout en toisant Patrick qui s'est remis sur pieds pour la saluer.

"Bon retour parmi nous, déclare celui-ci."

Il lui serre brièvement la main.

"Au moins votre plan a marché. Mais sûrement pas à cause de l'autre.
-Samia savait que vous n'avez rien à voir avec l'incendie et que ce que Normand raconté sur Jean-Paul est vous n'étaient que des mensonges pour la manipuler. De plus son arme était chargée à blanc.
-Il n'empêche que cette sale beurette n'aurait pas hésité à me tirer une vraie balle dans la tête sans Castelli. Mais bon avec ce genre de gens on sait très bien que la violence c'est dans leur gène."

Une remarque qui irrite Patrick bien qu'il retient sa langue.

"Tu vas pouvoir retourner sur le terrain, déclare Anne. Le juge Senghor s'est chargé de tout remettre en règle.
-Pour devoir faire équipe avec un des boulets de ce commissariat ? Non merci."

La femme toise sa supérieure hiérarchique.

"On m'a dit qu'on allait bientôt se casser d'ici, c'est vrai ?"

Anne se contente d'un simple acquiescement silencieux.

"Pas trop tôt, lâche Ariane."

Suite à quoi, et sans rien ajouter d'autre, elle s'en va. Patrick attend que la porte se soit entièrement refermée pour prendre la parole.

"Bon et bien je sens que l'ambiance risque d'être particulière jusqu'à la fin de la semaine."

**********

Léa Nebout se tient présente dans la chambre d'un patient, un vieil homme aux cheveux gris. Elle examine ce dernier. Dans son dos la porte s'ouvre, dévoilant le docteur Nicolas Berger. Quand la jeune femme termine sa consultation elle se retourne pour sortir de la pièce et remarque la présence de l'autre ce qui la fait sursauter.

"Docteur Berger, demande-t-elle incrédule.
-Vous vous attendiez à quelqu'un d'autre, interroge l'intéressé avec un sourire.
-Vous ... . Vous êtes revenu ?
-Il fallait bien que je rattrape vos erreurs faites en mon absence."

Une remarque qui ne semble guère rassurer le patient installé sur le lit. Nicolas ne se soucie guère de ce dernier, gardant son attention focalisée sur l'étudiante. La jeune femme a encore des difficultés à réaliser que son mentor est présent. Celui-ci lui fait donc signe de le suivre jusque dans le couloir. Léa s'exécute de bonne grâce.

"Bien, débute l'homme une fois qu'ils ne sont plus que tous les deux et loin des oreilles indiscrètes, on m'a fait le topo de vos bilans médicaux des dernières semaines. Tous vos diagnostics étaient bons mademoiselle Nebout."

La jeune femme ne peut s'empêcher d'afficher un petit sourire satisfait.

"Chose que je n'aurai jamais cru vous voir capable de faire quand vous vous êtes mis à mon service, poursuit le docteur Berger."

Cette fois Léa est troublée sans pouvoir prononcer la moindre parole. Nicolas qui fait des compliments ? Etrange. Le jeune marié reprend la parole.

"Mais vous ne devez pas vous reposer sur vos lauriers et prendre tout ça pour des acquis. Je vous attends donc au bloc en fin de journée pour une opération à coeur ouvert. Soyez-y sans faute."

Après quoi le chirurgien s'en va, laissant Léa totalement en plan.

**********

Pendant ce temps-là Blanche et Noé sont présents au bar du Mistral où ils retrouvent Roland. A l'extérieur le temps est chaud, le ciel est clair et quelques clients courageux sont installés à la terrasse. Loin de se soucier de ces derniers, Roland contourne son comptoir pour saluer avec enthousiasme les membre de sa famille.

"Alors comment c'était le Japon, demande-t-il à l'intention de son petit-fils.
-Oh c'était trop bien, fait Noé avec un joie non feinte. J'ai pu voir pleins de mangas super.
-Et tu as visité des lieux ?
-Surtout des endroits bourrés de technologies, assure Blanche avec un léger sourire. Je n'ai jamais vu autant d'objets connectés. J'étais perdue mais mes deux hommes étaient dans leurs éléments.
-Ah, répond simplement Roland loin de s'intéresser à la technologie. Enfin tu ne trouveras jamais mieux comme endroit que le quartier du Mistral. Le plus beau lieu du monde.
-Maman, dit le garçon en se tournant vers Blanche, paraissant bien loin d'être en connexion avec le charme du Mistral, je peux aller voir papa, je lui ai promis de montrer toutes les photos que j'ai prise."

En guise de réponse la quinquagénaire approuve. Roland et elle l'observent s'éloigner sur la place. Et alors que le propriétaire du bar sert un client arrivé en même temps du départ de Noé, la mère de famille focalise son attention sur la devanture des "Belles du Mistral".

"Oui ça nous fait toujours quelque chose à nous aussi, assure Roland en voyant le regard de sa belle-fille une fois qu'il en a terminé avec le consommateur.
-J'ai beaucoup pensé à elle, confie Blanche. C'est triste ce qui lui est arrivé. J'ai l'impression que cette place ne sera plus jamais la même sans elle."

Roland approuve d'un acquiescement silencieux, comprenant parfaitement le sentiment de son vis-à-vis.

**********

L'après-midi débute lorsque Jean-Paul Boher arrive au poste de police en vue de prendre son service. L'homme ne donne pas l'impression d'être concentré sur le moment présent, certainement perdu dans des réflexions intérieures. Ses yeux se posent machinalement sur Patrick et Jean-Paul paraît sortir de sa rêverie.

"Pourquoi tu nous as fait ça, agresse-t-il ainsi le commandant.
-Du calme Jean-Paul, tempère son supérieur.
-Du calme, répète Boher en l'attrapant par le col. Du calme ? J'ai cru que ma femme allait finir sa vie en prison."

Patrick met ses mains sur les poignets de Jean-Paul afin de lui faire lâcher prise, prêt à lui exposer le pourquoi d'avoir mit un tel plan en place. Il n'en a pas le temps puisqu'Ariane intervient alors.

"C'est ce que cette salope aurait mérité. Elle m'a quand même tiré dessus.
-C'était une mise en scène, rectifie Patrick irrité par la présence d'Hersant.
-Je sais très bien qu'elle n'aurait pas hésité à m'abattre comme une chienne. Dès qu'elle le pourra elle fera tout pour recommencer puisque pour elle je suis une concurrente.
-Vous avez peut-être des choses plus importantes à faire, hasarde Patrick Nebout."

Ne s'intéressant pas le moins du monde au commandant, Ariane prend le bras de Jean-Paul et le tire jusqu'à ce qu'ils soient un peu à l'écart des oreilles indiscrètes.

"Si j'étais toi je me méfierai de lui, lâche-t-elle. Si ton boss peut monter une telle opération sans se soucier si oui ou non ta femme pourrait s'en sortir c'est qu'il n'est pas digne de confiance."

Jean-Paul ne trouve rien à répondre. Ou à contredire.

"Et Samia, continue la flic. Méfies-toi aussi d'elle. Si elle est capable de vouloir ma mort elle risque de passer à l'acte à chaque fois qu'une femme te tournera autour. Et tu ne veux pas imposer ça à ta fille, hein ? Imagine grandir avec une folle de la gâchette ?"

Trop abasourdi, Jean-Paul ne trouve rien à répondre. Un sourire éclaire le visage d'Ariane qui a bien l'intention de nuire au couple que forme son collègue et ancien amant.

**********

Installé sur son canapé, Samia toise longuement son père qui se tient à ses côtés. Ce dernier tient fermement les mains de son enfant.

"Jean-Paul reviendra, j'en suis certain, affirme-t-il de sa voix grave. Il finira bien par comprendre ta décision et si il t'aime alors il la respectera."

En terme de réponse, Samia lui adresse un sourire crispé.

"Tu n'as tué personne ma fille, poursuit Ahmed. Et cela il le sait aussi. Tout ce que tu as fait c'était pour pouvoir arrêter un homme mauvais. Tu as très bien fait et Jean-Paul en a conscience, crois-moi.
-Je crois surtout qu'il me tient responsable du fait d'avoir visé Ariane.
-C'est sa collègue, c'est ça, interroge Ahmed.
-Il l'a aimé avant, explique la jeune femme. Il l'aime toujours. J'en suis certaine.
-Allons, essaie de la rassurer son père, Jean-Paul t'aime. C'est évident. Et vous avez eu une petite fille ensemble."

Il lance un coup d'oeil en direction de Lucie, qui tout à ses dessins d'enfant, ne paraît aucunement se soucier de la conversation qui se déroule.

"Votre couple est solide, ta mère et moi en sommes certains, reprend le vieil homme tout en accentuant sa poigne. Vous surmonterez cette épreuve comme vous l'avez toujours fait au cours des dernières années."

Puis dans un geste qu'il a peu entreprit au cours de sa vie, il décide de prendre Samia dans un geste de réconfort. La jeune femme se laisse faire, une larme visible au coin des yeux.

**********

Pour sa part Nicolas est bien loin d'avoir la tête à se focaliser sur sa vie sentimentale. Bien au contraire, pour l'heure il est occupé sur une opération à coeur ouvert. Le masque sur le visage et les outils de chirurgien en main, il est prêt à débuter l'intervention. Près de lui se tient la jeune Léa, suivant attentivement le moindre geste qu'effectue son mentor. Des gestes sûres qui démontrent une grande expérience dans le domaine. Autour d'eux se trouvent d'autres membres du personnel soignant.
Soudain Nicolas a un instant de doute, interrompant le mouvement qu'il est en train d'effectuer. Léa le toise, surprise par cela. Toutefois les yeux de Berger donne l'impression d'être lointain. Puis, sans signe avant-coureur un flash survient dans son esprit. Il se revoit en train de tuer Wendy Lesage ainsi que les autres femmes quand il agissait sous l'identité de l'Enchanteur.
Comprenant que quelque chose ne va pas, Léa s'approche un peu du chirurgien.

"Docteur Berger, demanda-t-elle sur un ton inquiet."

L'intéressé ne répond pas sur le champ, toujours troublé par les visions qu'il vient d'avoir.

"Ce n'est pas le moment, articule-t-il en s'adressant à lui-même."

La main tenant le scalpel tremble légèrement, mais c'est suffisamment pour que toutes les personnes présentes dans la pièce puissent le constater.

"Vous pouvez opérer docteur Berger, s'enquit un homme dont le visage est à moitié dissimulé derrière un masque.
-Docteur Berger tout va bien, le questionne dans le même temps Léa Nebout.
-Oui, oui, s'empresse de répondre le chirurgien. Tout va bien. Un simple étourdissement, poursuit-il avec un léger sourire que la jeune femme ne peut voir."

Suite à quoi, et dans des gestes plus sûrs et plus fermes, Nicolas entreprend enfin l'opération de son patient, toujours sous le regard alarmé de l'étudiante aux yeux clairs.

**********

Plus tard dans la soirée, et alors que la température consent enfin à baisser pour aller vers une chaleur un peu plus supportable, la famille Nebout est réunie autour de la table du salon. Babeth sert alors le plat prévu pour le dîner, une salade de pâtes avec des tomates, du thon et du maïs. Patrick débute le repas sans plus attendre.

"J'en connais qui mourrait de faim, lâche Babeth dans un léger rire.
-La journée a été longue, se contente de se justifier son mari.
-Toujours cette affaire d'incendie, interroge l'infirmière.
-Plus ou moins. Mais je suis content que tout ceci soit terminé. Je crois même que je m'accorderai volontiers quelques jours de repos, poursuit le commandant."

Une nouvelle qui surprend fortement son entourage à en juger par le regard surpris que s'échange les deux femmes.

"Ma parole, j'ai bien entendu, s'interroge Babeth. Tu comptes prendre des vacances ? Je ne me souviens plus à quand remonte les dernières que tu as prises.
-On pourrait se faire un petit voyage, lui propose Patrick. Une semaine, voir deux. Quelque part loin de tout."

Une offre qui semble plaire à Babeth qui se montre néanmoins circonspecte.

"J'espère que ce ne sont pas des paroles en l'air."

Patrick secoue la tête.

"Non, j'ai besoin de recule. Cette histoire de l'incendie de Canet et avant ça celle de l'Enchanteur m'ont plombé et pousser à bout physiquement et émotionnellement. Je dois prendre du recul si je veux éviter le burn-out.
-Sage décision, réplique l'étudiante."

Pendant la demie-minute qui suit les seuls sons qui se font entendre est celui des fourchettes plongeant dans les assiettes, suivi du bruit de la mastication. Finalement Léa reprend la parole.

"En parlant de ça, commence-t-elle comme si elle ne s'était pas interrompu, le docteur Berger est de retour à l'hôpital."

Nouvelle qui fait écarquiller les yeux de Patrick qui en laisse tomber le contenu de sa fourchette.

"Quoi ? Quand ça ?
-Il était là ce matin. J'ai même effectué une opération à coeur ouvert à ses côtés."

Patrick se tourne vers Babeth.

"Tu étais au courant ?"

L'infirmière le confirme d'un hochement de la tête.

"Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
-Tu as vu ta réaction en apprenant la nouvelle, rétorque Babeth. Je savais qu'il valait mieux ne rien te dire à ce sujet.
-Mais il est de retour, bon sang, s'exclame Patrick avec véhémence."

Nouveau coup d'oeil entre les deux femmes.

"Tu ne vas pas recommencer ta parano papa, s'empresse de déclarer Léa. Parce que la dernière fois on a bien cru que tu allais devenir dingue."

Patrick s'apprête à protester. Il sait que Nicolas est bien l'Enchanteur. Toutefois, et en remarquant les yeux rivés sur lui il préfère ne pas s'engager sur un sujet piquant et se contente d'acquiescer pour faire montre qu'il a compris et qu'il est passé à autre chose. Le repas pouvant ainsi se poursuivre.

**********

Vingt-et-une heures viennent de passer. Installés sur le canapé, Blanche et Nicolas regardent tous les deux la télévision, un programme diffusé par France 3. Le chirurgien ayant un bras autour de la taille de sa compagne.

"Au fait je ne t'ai pas demandé. Ce n'était pas trop difficile le retour à l'hôpital, s'enquit Blanche en tournant légèrement la tête de sorte de pouvoir observer le faciès de Nicolas.
-Plutôt bien, se contente de dire Nicolas, peu désireux de devoir entrer dans les détails.
-Tu ne m'avais pas parlé d'une intervention, insiste Blanche.
-Si, si. Je ne pensais pas que ça m'aurait manqué à ce point que de trifouiller le corps de quelqu'un. Non je plaisante, s'empresse-t-il d'ajouter face aux yeux ronds de la quinquagénaire.
-En tout cas j'espère que cette "maîtresse" qu'est ton boulot ne va pas te prendre tout ton temps.
-Jamais elle ne pourra m'empêcher du temps avec toi, affirme le chirurgien."

Au même instant le son d'un vibreur de téléphone retentit dans la pièce.

"Ah c'est le mien, déclare Nicolas tout en s'écartant pour se lever."

Après quoi l'homme se dirige vers la table de la cuisine pour s'emparer du mobile et de fixer l'écran.

"Qui est-ce, s'enquit Blanche.
-L'hôpital.
-Et voilà, ça commence déjà, fait la femme avec un sourire entendu."

Sourire que son mari lui rend en un peu plus crispé. Nicolas est tendu bien que Blanche ne semble pas s'en rendre compte. Le téléphone vibre plus longtemps, le chirurgien recevant un appel cette fois-ci.

"Je crois que je vais devenir jalouse, dit la professeur sur un ton faussement boudeur.
-Je dois décrocher, rétorque Nicolas qui ne semble pas d'humeur à la plaisanterie."

Il s'éloigne alors en sortant de l'appartement. Une fois certain qu'il ne puisse être entendu, il répond.

"Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler sur ce numéro, lâche-t-il avec colère.
-Je le sais bien, répond la voix de l'autre côté du combiné. Mais il faut qu'on se voit.
-Pas maintenant. Je suis avec Blanche."

L'homme qui le contacte est alors visible. Il s'agit du docteur Alibert.

"Peu importe, j'ai besoin de te voir tout de suite. A moins que tu ne préfères que je passe directement par Blanche la prochaine fois, ajoute-t-il après un instant de silence."

Une phrase qui sonne comme un avertissement.

FIN DE L'EPISODE.
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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty1/7/2017, 11:23

Bonjour tout le monde.

Voici l'épisode trois. Pour la suite je ne pourrai pas poster avant les week-end, travail oblige.

Je tiens juste à m'excuser, en relisant j'ai constaté de nombreuses fautes d'inattention, donc bah openoffice n'est plus mon ami avec le correcteur qui ne marche pas.

Bref, bonne lecture à vous.




EPISODE NUMERO TROIS : MERCREDI 12 JUILLET 2017.

La luminosité du jour décline de plus en plus alors qu'on est toujours mardi. Nicolas est à pied et marche d'un pas rapide. Il se trouve sur un vieux parking, quelque part dans Marseille. Un homme est présent, c'est le docteur Alibert. Celui-ci attend patiemment l'arrivée du chirurgien. La rencontre entre les deux est loin d'être amicale puisque Berger saisit l'autre par le col de sa chemise clair et le soulève légèrement tout en prenant un ton menaçant.

"Je t'ai déjà dit que tu ne devais pas me contacter lorsque j'étais avec Blanche. Tu cherches vraiment à ce qu'elle se pose des questions ?
-Pas du tout, répond simplement l'autre, loin d'être impressionné.
-Je t'avais fixé des conditions, la vie privée on n'y touche pas. Alors la prochaine fois tu éviteras de m'obliger à mentir à ma femme.
-Comme si c'était la première fois, souligne Alibert avec calme."

Nicolas le relâche et affiche une expression neutre pendant que son demi-frère défroisse le vêtement d'un geste nonchalant.

"C'était quoi l'urgence, lui demande Berger.
-Je voulais savoir comment ton voyage c'était passé."

Nicolas n'est pas dupe.

"Tu vérifiais que l'Enchanteur ne risquait pas de refaire surface.
-Il faut bien que je t'évite de faire de nouvelles conneries. Tu as tué de nombreuses femmes, je te rappelle. Et ton soi-disant sevrage je n'y crois pas une seconde.
-J'ai changé. Je n'ai plus besoin de recommencer. Et mon père a payé."

Alibert hoche silencieusement la tête. Il sait comment tout ça s'est terminé, Nicolas ayant oeuvré de sorte à ce que Pascal Galien, le père biologique de Nicolas, soit condamné pour tous ces meurtres. Pour sa part Alibert est lié à Nicolas de part leur mère. Son propre géniteur étant un autre homme qu'elle avait rencontré des années plus tôt. Une aventure.

"Vraiment, l'interroge le médecin. J'en doute, poursuit-il. Tu te souviens de ton séjour au Chili ? Cette femme, comment elle s'appelait déjà ?"

Nicolas ne répond rien, son regard se faisant plus sombre. Alibert hausse les épaules comme si dans le fond, l'identité lui importait peu. Il reprend la parole.

"Tu étais fou amoureux. C'était la première fois que je te voyais comme ça. Puis elle t'a quitté et tu t'es senti abandonné."

Alibert se tait un instant, laissant à l'autre le temps de digérer ses propos.

"Ca t'a rappelé quand notre mère est morte. Evénement que tu avais déjà vécu comme un abandon. Ca t'a fait disjoncter au point que tu as commencé à tuer toutes ces femmes."
-C'est plus compliqué, tente de tempérer Nicolas.
-Peut-être. Pourtant je crois que si un jour Blanche devait s'éloigner de toi alors tu retomberais dans tes travers et je ne serai pas étonné qu'on découvre les corps de femmes entourés de lys. Et alors comment feras-tu pour t'en sortir cette fois-ci ? De toute manière toi et moi savons que c'est là ta nature profonde, ajoute-t-il face au mutisme de son demi-frère. Et mon rôle est de m'assurer que tu ne céderas pas.
-Je n'ai pas besoin de toi. J'ai tiré un trait sur l'Enchanteur alors cesse de me le rappeler.
-Tu as une famille maintenant, un gosse et une femme. Je ne peux pas ... ."

Nicolas l'attrape à nouveau par le col, furieux.

"Fiche-moi la paix et laisse les miens tranquilles, je n'ai besoin de personne tu m'entends. Personne."

Après quoi il s'en va par là où il est venu. Alibert l'observant s'éloigner.

**********

Le lendemain matin. L'aube émerge des ténèbres de la nuit. Blanche est pyjama et arrive dans le salon. La lumière est allumée dans la cuisine ce qui lui permet d'y voir aisément. Elle s'approche et constate que Nicolas est déjà installé au niveau de la table, une tasse de café fumante trônant devant lui. Un paquet de croissants repose au centre de la table.

"Tu es là, remarque Blanche. Je ne t'ai pas entendu rentrer."

Elle s'approche de son mari et tous les deux se font une bise rapide sur les lèvres. Puis Blanche entreprend de se préparer sa propre tasse. La fatigue est perceptible chez Nicolas, signe qu'il a eu très peu de sommeil.

"J'ai préféré dormir sur le canapé pour ne pas te réveiller, explique Nicolas.
-Il était tard, le questionne Blanche tout en versant de l'eau chaude dans le récipient cylindrique.
-Tard, se contente de dire Berger.
-L'opération était si lourde que ça, s'intéresse l'enseignante.
-Pas vraiment. Un accident de voitures. La routine. Heureusement qu'il n'y a eu que des blessés légers sinon j'y serai très certainement encore.
-J'aime quand tu sauves des vies, fait Blanche en le regardant avec tendresse.
-J'ai simplement réglé le problème, rétorque Nicolas avec un ton neutre."

Il termine alors son café puis se lève tout en s'emparant d'un croissant.

"Je ferai mieux de ne pas tarder, ils vont encore avoir besoin de moi aujourd'hui.
-Mais tu es crevé, lui fait remarquer Blanche."

Nicolas se contente de lui adresser un sourire pour lui signifier qu'il en a bien conscience.

"Pour ça que j'ai pris un café ici, la lavasse de l'hôpital ne suffirait pas à me faire tenir le coup."

Il l'embrasse ensuite en coup de vent avant de filer tout aussi vite et de sortir de l'appartement.

**********

Ariane Hersant vient tout juste d'arriver au commissariat. Les cheveux légèrement humide ainsi que ses vêtements au niveau des épaules, témoignent que la pluie tombe à l'extérieur. La femme ne s'en formalise pas et s'avance vers un des bureaux sans saluer aucun de ses collègues. Elle remarque alors que la porte du vestiaire est légèrement entrouverte. Elle s'en approche. Jean-Paul est allongé au sol, contre un des casiers, sa veste en cuir recouvrant le haut du corps et faisant office de couverture. Les baskets, elles, tiennent le rôle de l'oreiller.
L'homme est toujours endormi et les ronflements s'élèvent. Ariane referme la porte derrière elle avant d'observer son vis-à-vis un léger sourire aux lèvres. Elle s'approche de lui et s'accroupit à hauteur d'épaules.

"Oh eh, la marmotte, susurre-t-elle. Il faut se réveiller."

En l'entendant, bien que n'ayant pas encore réalisé qu'il s'agissait d'Ariane, Jean-Paul se réveille en sursautant, manquant de faire choir la policière.

"Ariane ?"

Jean-Paul grimace de douleur tout en se tenant le dos avant de s'asseoir contre un des casiers. La position inconfortable qu'il occupait jusqu'alors n'a pas eu des effets positives sur sa colonne vertébrale.

"Tu dors souvent ici, veut savoir Ariane bien qu'elle conserve un ton espiègle.
-Je ne pouvais pas dormir chez moi, se justifie Jean-Paul.
-Tu vois je te l'avais dit, elle commence par te foutre à la porte puis elle demande le divorce. Sales bougnoules qui se croient tout permis.
-Cesse d'insulter Samia, réplique Jean-Paul avec mauvaise humeur. Si j'ai pioncé là c'est parce que je ne pouvais pas rester là-bas à ressasser tout ce qu'il s'est passé. Samia a été égoïste, confie-t-il après un court silence. Elle a juste pensé à elle et à son enquête sans se soucier des conséquences pour Lucie et moi si le plan ne marchait pas.
-Et moi ?"

Jean-Paul la fixe sans comprendre.

"J'étais censée avoir été tué mais jamais tu ne m'as dit ce que tu as ressenti en découvrant cela.
-Je ..., se contente de prononcer Jean-Paul.
-Tu te souviens de notre relation, poursuit Ariane. On passait plus de temps à s'envoyer en l'air dans notre voiture plutôt que d'appréhender des Arabes, fait-elle en souriant. On peut dire que c'était torride toi et moi.
-Oui, oui je m'en souviens très bien."

La conversation semble mettre Jean-Paul mal à l'aise. Cependant Ariane ne lui laisse pas le temps de se ressaisir et l'embrasse avec passion. Résistant mollement dans un premier temps, l'homme cède rapidement à la pression des lèvres sur les siennes. Tous les deux entreprennent alors de faire l'amour dans les vestiaires.

**********

Pendant ce temps là, et à seulement quelques mètres de Jean-Paul et Ariane, deux autres personnes sont présentes dans le bureau de la commissaire. Cette dernière est présente en plus du commandant. Patrick est nerveux et ne cesse de faire les cent pas. Un comportement qui intrigue Anne.

"Que se passe-t-il ? Je ne vous ai jamais vu autant sur les nerfs."

Durant un court instant Nebout ne lui répond pas. Il finit par s'arrêter et fait face à son vis-à-vis.

"L'Enchanteur."

Un nom familier aux oreilles de la commissaire Olivieri.

"J'en ai entendu parler, lâche-t-elle. C'est vous qui l'avez éliminé si j'ai bonne mémoire.
-C'est plus compliqué, confie Patrick.
-C'était un de vos hommes et la presse vous en a attribué le mérite, propose Anne.
-Contrairement à ce que tout le monde croit, ce n'est pas le tueur en série que j'ai abattu.
-Mais pourtant, commence la femme, totalement abasourdi par une telle donnée."

Patrick se tait une demie-douzaine de secondes avant d'exposer les faits.

"Le véritable meurtrier est parvenu à s'en sortir. Et aujourd'hui il est revenu ici, libre d'exercer son métier et d'aller où il veut comme si de rien n'était. Une chose difficile à accepter.
-Si ce que vous dites est vrai alors je suis certaine que vous parviendrez à le faire tomber comme vous êtes parvenu à le faire avec Eric."

Le doute se lit sur le faciès de Nebout.

"Cet homme est très intelligent, souligne-t-il. Et il s'est arrangé pour que toutes les preuves accusent un certain Pascal Galien. Je ne crois pas qu'il prendra des risques pour se faire démasquer. En somme il risque de s'en sortir définitivement, conclu Patrick avec humeur.
-Vous y arriverez, j'ai confiance en vous."

Anne lui pose alors une main sur le bras. Les deux se regardent longuement.

**********

Plus tard dans la journée, et profitant que la pluie est cessée et que le soleil brille dans un ciel bleu pourvu de quelques nuages variant entre la couleur grise et blanche disséminés ici et là, un homme promène son chien. L'individu a dans la soixantaine, les cheveux grisonnants et de petite taille. Il se prénomme Fernand. L'animal est un croisement entre un labrador et un husky. Pour l'heure le duo se tient dans près de quais où ils progressent chacun à leur rythme.

"Lexi attends-moi, maugrée le marcheur. Je n'ai plus les jambes de mes vingt ans."

La bête domestique n'en fait que sa tête et ne ralenti guère son allure, accentuant davantage la distance qui le sépare de son propriétaire. La truffe au sol, elle hume le revêtement encore humide tout en agitant la queue, gagné par l'excitation du moment.

"Lexi, répète vainement Fernand en élevant la voix."

Soudain le chien disparaît de son chien de vision. Pas plus inquiet que cela, il poursuit et arrive à hauteur de là où le bâtard s'est volatilisé. Une petite ruelle s'offre alors au marcheur qui s'y engage.

"Brave bête, au moins on sera à l'ombre."

La chaleur augmentant déjà et assez rapidement, la partie ombragée est une petite aubaine. Fernand aperçoit plusieurs bennes contre les façades, diminuant le passage. Pas effrayé pour autant il continue à suivre Lexi. Fernand finit par constater que l'animal a le museau rivés dans plusieurs détritus qui jonchent le sol.

"Lexi je t'ai déjà dit de ne pas faire ça."

Le chien lui adresse un jappement comme si il cherche par là à l'interpeller. Fernand s'approche alors.

"Allons tu as trouvé quelque chose ? Sans doute un rat crevé, se dit-il à lui-même."

De ce fait il s'avère bien vite qu'il n'en est rien. Fernand en a la certitude en apercevant deux jambes qui dépassent suivi d'un buste. Il en a vu suffisamment pour être certain qu'il s'agit d'un cadavre avant de se détourner vivement et de rendre tout son repas du midi tandis que Lexi se met à renifler bruyamment la dépouille.

********

Présents dans le vestiaire, Ariane et Jean-Paul évoquent ce qu'il s'est passé au cours de la matinée.

"Il faudra qu'on remette ça, déclare Ariane Hersant. Ca m'a rappelé de bons souvenirs. En tout cas t'ai toujours aussi doué de tes mains, poursuit-elle en lui donnant une tape sur l'épaule."

Jean-Paul ne partage pas le même enthousiasme que sa coéquipière. Au contraire au vu de son visage il pense l'inverse.

"Je n'aurai pas dû tromper Samia.
-Ah non tu ne vas pas penser à elle maintenant, s'indigne Ariane.
-C'est ma femme, lui rappelle Boher.
-Et alors ? On en avait envie et on s'est envoyé en l'air. Personnellement je me fiche que ça ne plaise pas à madame sainte-nitouche.
-Tu ne comprends pas, commence Jean-Paul.
-Oh la barbe avec tes états d'âme, s'irrite Ariane, l'interrompant. Tu ne comprends donc pas que Samia ne te mérite pas ? Elle passe son temps à te mentir et à se jouer de toi. Ca prouve qu'elle n'a aucune considération pour toi.
-Tu ne la connais pas, affirme Jean-Paul.
-Oh mais elle est comme toutes les autres. Elle va te briser à petit feu et bientôt tu ramperas devant elle. Regardes-toi, je t'ai jamais vu dans un état aussi pathétique. Franchement, continue-t-elle après un instant de réflexion, tu ferais mieux de la quitter sur le champ avant qu'elle ne te brise définitivement. Parce qu'à ce rythme elle aura tôt fait de te bouffer tout cru la bougnoule."

Jean-Paul ne réagit pas. Le regard lointain il paraît plongé dans des pensées lointaines. Ariane décide de continuer sur sa lancée.

"C'est la meilleure chose à faire.
-Je ne peux pas, affirme Jean-Paul. Samia est ma femme et je l'aime. Elle ne mérite pas que je lui en veuille autant."

Puis sans rien ajouter de plus il quitte le vestiaire sous le regard furieux d'Ariane.

**********

Cela fait déjà plusieurs heures qu'il attend là dans le couloir, attend que l'homme qu'il est venu trouver daigne lui apparaître. Patrick est néanmoins patient. Il le faut bien puisqu'il n'attend qu'une chose se confronter à son ennemi. Pourtant l'autre tarde à se manifester. De ce fait Nebout est occupé à toiser le ciel qui se dégage de plus en plus.
Finalement le son de pas lui parvient. Instinctivement, Patrick sait qu'il s'agit de l'autre. Son visage se ferme une fraction de seconde avant qu'il ne fasse un demi-tour sur lui-même afin de pouvoir faire face à Nicolas Berger. L'intéressé porte sa blouse blanche et progresse vers le commandant. Discutant avec l'un de ses confrères, il n'a, semble-t-il, pas encore constaté la présence du policier.
Berger finit par s'en apercevoir et salue son collègue qui poursuit plus avant dans le corridor.

"Voyez donc qui me rend une petite visite de courtoisie, fait remarquer le chirurgien. Que me vaut cet honneur commandant ?
-Vous rappelez que votre liberté ne vous ai pas encore acquise, réplique Patrick en faisant un pas en avant.
-Encore cette histoire de l'Enchanteur, s'étonne faussement Nicolas. Vous l'avez pourtant abattu vous-même il me semble.
-Faites votre malin. Je sais qui vous êtes réellement docteur Berger. Vous pouvez mentir aux autres mais je vois clair en vous.
-Votre obstination est remarquable, convient le médecin. Vous vous entêtez à m'accuser d'être un homme que je ne suis pas."

Il se met en marche, montrant que ce que pense le commandant ne l'intéresse pas plus que ça. Patrick se presse de se mettre en travers de son chemin pour continuer l'affrontement.

"Je vous ferai tomber, assure-t-il en pesant chacun de ses mots. Demain, dans une semaine, dans un mois. Peu importe le temps que ça me prendra mais vous finirez par lever le masque.
-Et comment comptez-vous vous y prendre pour révéler une chose qui n'existe pas, lui fait remarquer Nicolas.
-J'ignore encore comment, concède Nebout. Mais je trouverai le moyen de venger Wendy Lesage et toutes les femmes qui ont eu le malheur de croiser votre route.
-Vous êtes vraiment entêté, pas vrai, souligne Nicolas. Je n'ai jamais vu quelqu'un comme vous. Alors quoi, poursuit-il, vous comptez me condamner pour des crimes que je n'ai pas commis sous prétexte que j'ai été dure avec Léa ?
-Si vous lui touchez un cheveu, l'averti Patrick avec hargne.
-Vous me tirerez une balle dans la tête, conclu Nicolas sur un ton narquois. Vous me l'avez déjà dit commandant. Quoiqu'il en soit je n'ai qu'un but avec elle, faire d'elle un grand médecin en la conduisant sur mes traces."

Patrick s'apprête à répliquer quand son téléphone se met à vibrer dans la poche de son jeans. Il défie du regard le chirurgien pendant plusieurs secondes, Berger arborant une expression narquoise, avant de s'éloigner en vue de répondre.

"Nebout, lâche le policier."

Son interlocuteur lui communique des informations que l'on ne peut entendre depuis le combiné. Patrick hoche la tête avec gravité.

"Très bien, je me mets en route tout de suite, prévient-il à l'adresse de la personne qui vient de le contacter."

Il raccroche en suivant puis se rapproche de Nicolas Berger alias l'Enchanteur. Patrick s'exprime lentement de sorte à ce que l'autre imprime correctement ce qu'il a à lui dire.

"Je vous aurai à l'oeil Berger. Bougez le moindre petit doigt, faite un seul faux pas et je vous foutrai moi-même dans la cellule qui vous attend."

Sur ce il pivote et s'éloigne à grands pas dans le couloir de l'hôpital.

**********

Jean-Paul arrive à hauteur du logement où il réside. Arrivant à hauteur de la porte il hésite à rentrer et reste donc planter sur place pendant une bonne demie-douzaine de secondes. Finalement il insère la clé dans la serrure mais l'entrée n'est pas verrouillée. Jean-Paul entre donc et remarque aussitôt la présence de valise dans le salon. Il déglutit.

"Samia, fait-il d'une voix hésitante."

L'intéressée pointe le bout de son nez depuis la porte menant à la chambre du couple.

"Quoi, veut savoir la jeune femme."

Boher lui désigne les bagages d'un geste de la main tout en affichant un air perplexe. Samia le rejoint.

"Pourquoi toutes ces valises ? Ce sont les miennes, ajoute-t-il après un moment de doute.
-Non ce sont les nôtres, rectifie Samia. Enfin à Lucie et à moi.
-Tu ... . Tu pars, bredouille le père de famille.
-Oui, confirme Samia. J'ai pris quelques jours de congé. Je vais en profiter pour rejoindre mes parents en Algérie. Ils sont partis hier soir et ça permettrait à Lucie de découvrir le pays.
-Je vois, se contente de dire Jean-Paul."

Le silence s'installe entre les deux. Jean-Paul ne pouvant détacher son regard des valises. Finalement le lieutenant reprend la parole le premier.

"Tu prends la fuite si j'ai bien compris.
-Pas du tout s'indigne Samia. C'est juste que tu ne cherches pas à comprendre. Tout ce que tu vois c'est une trahison de ta part sans te dire une seconde que c'était tout aussi difficile pour moi."

Jean-Paul secoue la tête avec énergie.

"J'ai besoin de toi Samia. J'ai besoin de Lucie et de toi. Tu me manques, assure-t-il tout en se rapprochant de Samia. Mais là, il désigne les bagages, j'ai l'impression que tu m'échappes, que l'on se sépare.
-Je n'ai pas l'intention de te quitter gros bêta, tente de le rassurer la jeune femme avec un faible sourire. Tu peux même venir avec nous deux si tu le souhaites.
-Tu aimerais ?
-Comment peux-tu me demander ça ?"

Elle aussi effectue un pas en direction de son mari.

"Je pourrai poser des congés, hasarde ce dernier avec conviction. Ca sera facile de les avoir je pense. Après tout Patrick me doit bien ça après tout ce qu'il s'est passé."

Il sourit à Samia qui lui répond en retour par la même expression. Les deux s'embrassent.

**********
L'après-midi n'est pas encore terminé et la chaleur ne semble pas prête à baisser, bien au contraire. C'est sous ces conditions difficiles que la police doit travailler au niveau de l'endroit où le corps d'un homme a été trouvé un peu plus tôt. Anne et Patrick sont présents sur place, finissant d'interroger le malheureux qui a fait la macabre découverte. Pendant ce temps là le légiste analyse la dépouille.

"Vous êtes tout à fait certain que n'avez croisé aucune personne suspecte, questionne Anne.
-Personne, réaffirme le vieillard tout en secouant la tête. Juste Lexi et moi.
-Bien dans ce cas un policier va prendre votre numéro pour vous convoquer au commissariat où vous y ferez une déposition."

L'homme hoche la tête et fait demi-tour, sifflant après son chien avant de s'éloigner sous le regard de la commissaire et du commandant.

"Il est manifeste qu'il ne sait rien, confie ce dernier. Et vu l'endroit je doute qu'on trouve des témoins probant.
-Il y a des caméras vers les entrepôts, lâche Anne en désignant de la main un point sur sa droite. Il faudra visionner les images, peut-être que certaines pourront montrer quelque chose."

Patrick opine du chef pour faire signe qu'il est d'accord. Au même moment un homme les rejoint, dans la cinquantaine, les cheveux sombre et assez mince. C'est le légiste venu leur faire ses premières constatations.

"Bien votre bonhomme est mort cette nuit entre trois et quatre heures du matin, j'en saurai davantage un peu plus tard après autopsie.
-La cause de la mort, demande Patrick.
-Une balle en plein coeur. C'est une exécution à bout portant si vous voulez mon avis. Ah autre chose, ajoute-t-il comme prit par une soudaine inspiration, votre homme a le visage totalement défiguré. Sûrement de l'acide pour obtenir un tel résultat.
-Pourquoi le tueur aurait-il fait ça, interroge Anne.
-Peut-être espérait-il qu'on ne puisse l'identifier, propose le légiste. Même si nous pouvons utiliser sa dentition et autre pour y parvenir. Enfin bon je vous en dirai plus dans la journée de demain si j'ai le temps pour l'autopsie."

Puis le type s'éloigne sans rien ajouter. Anne et Patrick jettent un coup d'oeil en direction de la ruelle.

"Un règlement de compte, cherche à savoir Anne en interrogeant son vis-à-vis du regard.
-Probablement. En tout cas nous devons rapidement mettre un nom sur cet homme si on veut espérer remonter jusqu'à son assassin. Malheureusement si c'est bien un règlement de compte entre des gens du milieu, j'ai peur qu'il faille nous attendre à découvrir d'autres cadavres dans les prochains jours."

FIN DE L'EPISODE.
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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty15/7/2017, 13:34

Bonjour tout le monde.

Tout d'abord je m'excuse pour le retard, ayant peu accès à internet je ne parviens pas à poster aussi souvent que je ne le souhaiterai. Cela risque de ne pas s'arranger puisque je ne pourrai pas me connecter avant au moins deux semaines.

Autre point, je n'avance pas aussi vite que me vienne les idées. N'étant pas un scénariste je ne peux écrire rapidement et faire de la qualité comme pour ce qu'on voit le soir en général pendant la diffusion des épisodes.

Donc si certains le souhaitent je publierai encore mais il faudra vous montrer patient et ne pas faire attention au fait que je serai décalé par rapport à la date de diffusion.

Merci de votre compréhension et bonne lecture à tous.

EPISODE NUMERO QUATRE : JEUDI 13 AVRIL 2017.

Il est tout juste huit heures du matin et tandis qu'à l'extérieur certains profitent de la fraîcheur relative, d'autres sont déjà sur leur lieu de travail. C'est le cas du commandant Patrick Nebout et de la commissaire Anne Olivieiri. Tous deux sont présents dans le bureau où officie cette dernière. Un troisième individu est présent, c'est le légiste qui était présent avec eux la veille au niveau de la scène du crime. L'homme se nomme Antoine Baudroin.

"Alors vous avez du nouveau sur la victime, demande sèchement Anne en voyant que l'autre semble plus intéressé de la décoration que de ses deux vis-à-vis.
-Toujours rien, répond l'homme. J'ai commencé à faire le tour des différents chirurgiens dentaires de la région. Avec un peu de chance nous aurons bientôt une identification.
-En gros vous n'êtes pas plus avancé que la veille, conclu Patrick avec dépit. Cela valait bien la peine de nous réunir ici.
-Eh vous y étiez déjà, réplique le légiste. Et vous vouliez des informations rapidement, donc je suis venu vous dire tout ce que je sais."

Anne et Patrick attendent donc. L'autre les laisse poireauter quelques instants avant de finalement reprendre la parole.

"Votre type avait un sacré taux d'alcoolémie dans le sang, à croire qu'il a vidé des dizaines de verres avant d'y passer.
-Ce serait une rixe entre alcoolique qui aurait dégénéré, théorise la commissaire."

Antoine Baudroin hausse les épaules, montrant par ce geste qu'il n'en sait rien.

"Ca s'est votre boulot que je sache. Quoiqu'il en soit j'ai pu déterminer qu'on avait déplacé le corps jusque là où on l'a trouvé. Il y avait une sorte de gravier sur lui et rien sur la scène du crime.
-Vu l'endroit je présume que le tueur ne cherchait pas à ce qu'on le découvre tout de suite, propose Patrick.
-Pourtant ce n'est pas une méthode digne du milieu, affirme Anne. Tôt ou tard quelqu'un aurait fini par tomber sur la dépouille. Ce qui s'est finalement produit assez rapidement. C'est une chance pour nous puisque les pistes à suivre demeure fraîche même si nous possédons peu d'éléments à l'heure actuelle. Quoiqu'il en soit, si c'était un règlement de compte en bonne et due forme alors le milieu aurait pris les mesures pour que jamais cela n'arrive.
-Rien ne prouve que ça ne soit pas eux non plus, intervient Baudroin. Après tout, continue-t-il sous le regard des deux autres, peut-être que l'assassin espérait que les camions à ordure passe ramasser le tout afin de s'assurer que le corps disparaîtrait définitivement."

Une hypothèse qui ne convint pas le commandant de police, en témoigne sa façon de secouer la tête.

"Si vraiment c'était le but de la manoeuvre alors ils auraient placé le corps directement à l'intérieur d'une des bennes. De plus les déchets sont triés, je doute donc que le milieu soit mêlé à cette histoire.
-Pour ce que j'en dis, rétorque le légiste avant de s'en aller."

Une fois seuls, Patrick et Anne se toisent longuement.

"Quel personnage irascible, fait la femme."

Patrick opine du chef. Il n'a pas le temps d'en dire plus que la porte du bureau s'ouvre à nouveau. Anne s'énerve mais ne peut terminer sa phrase en voyant le nouveau venu.

"Et bien allez-y, faites comme chez vous."

Le juge Senghor la fixe durant une bonne demie-douzaine de secondes avant de reporter son attention sur le commandant.

"J'ai eu vent de la nouvelle, explique-t-il."

Et avant que les deux autres protagonistes aient pu l'interroger sur ce fait, le juge balance le journal sur le bureau. La une de la Dépêche Marseillaise" affirme qu'une série de règlement de compte a eu lieu la veille. La photo montrant le lieu où le cadavre a été trouvé. Anne tourne le document papier vers elle afin de mieux lire.

"Il faut toujours que les journalistes en rajoutent, affirme-t-elle. "Une série de règlement de compte". Non mais vraiment, poursuit-elle tout en secouant la tête avec dépit.
-Alors c'est vrai, veut savoir le juge. Le milieu a agit ?
-Ce n'est pas ce qui ressort de nos premières constatations, commence Patrick.
-Je refuse d'avoir une telle affaire dans mon quartier, continue Senghor sans faire montre qu'il a entendu la remarque du commandant Nebout.
-Ce n'était pas un règlement du milieu, insiste Anne en soutenant son collègue.
-Peu importe, rétorque le juge toujours convaincu de la véracité de l'article. Trouvez moi les responsables de ça et vite avant qu'on ne trouve de nouveaux cadavres."

**********

Pendant ce temps là deux hommes sont présents au niveau de la terrasse d'un café situé non loin de la clinique Beausoleil. Vu l'heure encore matinale il y a très peu de clients et à l'extérieur du bâtiment ils sont seuls. Alibert porte la tasse de café à ses lèvres tandis que face à lui Berger jette un coup d'oeil derrière lui.

"Le commandant est venu me trouver hier soir, apprend-t-il à son demi-frère. Directement sur mon lieu de travail.
-Il te soupçonne toujours d'être l'Enchanteur, affirme Alibert. Il n'y a rien de surprenant à cela.
-L'Enchanteur est Galien, rétorque Berger en accentuant sur le nom de famille. Les preuves vont dans ce sens.
-Sauf que, débute l'autre.
-Sauf que rien du tout. L'Enchanteur est mort avec lui.
-Alors pourquoi es-tu si nerveux ?
-Parce que je sens que je n'en ai pas fini avec lui, confesse le chirurgien. Je pensais que je pouvais tirer un trait sur cette histoire mais Nebout est plus têtu que je ne l'aurai cru.
-Et il peut te faire tomber, veut savoir son interlocuteur."

Pendant un court moment Nicolas semble incapable de répondre à cette question. Il réfléchit donc une dizaine de secondes avant de secouer la tête d'un air peu convaincu.

"Je ne vois pas comment. J'ai brouillé les pistes.
-Mais tu as peur d'avoir commit une erreur, fait Alibert sur un ton d'évidence tout en opinant du chef.
-Oui, se contente de dire Berger. Et j'avoue que ça me travaille depuis hier soir. Blanche a remarqué que j'avais peu dormi cette nuit.
-Si je comprends bien tu t'inquiètes surtout qu'elle apprenne qui tu es vraiment.
-Je ne veux pas la quitter. Elle représente beaucoup pour moi.
-Si tu as fait le nécessaire alors tu n'as rien à craindre de ce commandant. Il fait partie d'un petit commissariat de quartier. Tu crois quoi, que c'est lui qui fera tomber un tueur en série de ta renommée.
-Cet homme est capable de beaucoup de choses.
-Alors fait profil bas. Et ne te montre pas arrogant comme tu en as l'habitude, le conseille Alibert."

Durant une seconde il analyse son demi-frère avant de reprendre la parole.

"Rassures-moi, si tu es venu me trouver ce n'était pas pour m'apprendre que tu espérais défier le commandant en tuant de nouvelles femmes ? Car ce serait signer ton arrêt de mort.
-Je te l'ai dit, l'Enchanteur est mort. Malheureusement ce n'est pas cela qui va arrêter Nebout. Je crains même qu'il ne s'en prenne à Blanche pour parvenir à ses fins. Il a déjà essayé dans le passé. Il recommencera si ça lui permet d'atteindre son but.
-Et tu as besoin de moi pour t'en sortir, affirme Alibert. Si tu te tiens à carreau je ne crois pas qu'il sera nécessaire de te fournir des alibis comme la dernière fois.
-Ce n'est pas ce que je te demande, affirme le chirurgien. Je veux que tu me fasses une promesse. Si jamais il vient à m'arriver quelque chose je compte sur toi pour t'occuper de Nebout. Je peux compter sur toi, interroge-t-il après un instant de silence."

Alibert demeure muet suite à la formulation de sa requête tandis que Berger rive ses yeux verts sur lui. Finalement le chef de la clinique se contente de donner son assentiment par l'intermédiaire d'un hochement de tête significatif.

**********

Amine et Ariane profitent de l'accalmie qui règnent sur le commissariat du Mistral en ce milieu de matinée pour se tenir dans la salle de pause où ils boivent du café.

"Merci de m'avoir soutenu quand les soupçons planaient sur moi, confie la blonde à son acolyte.
-Tu es une grande gueule mais tu n'es pas une incendiaire, affirme le jeune maghrébin tout en haussant les épaules.
-Je suis sincère, affirme Ariane Hersant. Sans ton aide je doute que j'aurai pu m'en tirer.
-Tu oublies les autres. Castelli en particulier."

Ariane fait la moue ce qu'Amine ne remarque pas concentré sur le sucre qu'il verse dans sa tasse emplit de liquide noir.

"Tu ferais mieux de te méfier de lui, confie Ariane. En fait, poursuit-elle comme prise d'une révélation soudaine, tu ferais mieux de ne faire confiance à personne ici.
-Ce sont nos collègues, rétorque Amine.
-Et qu'est-ce que ça change ? Ils ont eu la peau d'Eric. D'accord il l'avait bien cherché, s'empresse-t-elle de continuer alors qu'Amine s'apprête à répliquer. Toutefois ils ne nous ont jamais apprécié depuis que nous avons débarqué ici. Tu le sais très bien.
-Léo et moi, commence Amine.
-Tu as donc oublié qu'il n'a pas hésité à t'espionner et te balancer en disant à tout le monde que tu étais l'incendiaire.
-C'est du passé. On est partenaire maintenant. Et j'apprends pleins de trucs avec lui.
-Regarder des types sur des vélos ne fera pas de toi un super flic de la BAC, soutient Ariane."

Amine ne répond rien. Il attend que l'autre continue de déverser ce qu'elle a sur le coeur. Ariane ne se prive pas pour s'exécuter.

"Je déteste cet endroit, je déteste ce qui bosse ici. Je n'ai qu'une envie c'est de ne plus avoir à voir leur sale tronche d'hypocrite dès que je mets les pieds dans ce commissariat.
-On va bientôt partir. Tu peux bien finir la semaine sans te soucier d'eux, lui conseille sagement Amine. Et puis franchement je ne comprends pas pourquoi tu leur en veux autant."

Ariane a un étrange regard en direction du mur sur sa gauche où une photographie représente tous les agents de police appartenant à ce commissariat. Amine suit le coup d'oeil de sa comparse et comprend aussitôt de quoi il en retourne.

"En fait tu penses encore à lui, dit-il sur un ton d'évidence.
-Il ne devrait pas être avec cette salope de beurette, affirme Ariane sur un ton méprisant.
-Pourtant vous vous êtes envoyé en l'air hier Jean-Paul et toi."

Constat qui surprend fortement Hersant qui ouvre de grands yeux.

"Je vous ai entendu, confesse Amine. Et rassures-toi il n'y a que moi qui suis au courant, poursuit rapidement le jeune homme.
-Tu nous espionnais ?
-Pas du tout. Par contre tu avais l'air furieuse en fin de journée quand Jean-Paul a quitté le boulot. C'est pour ça que tu en veux à tout le monde c'est ça ? Parce qu'il a choisi sa femme plutôt que toi."

Interdite devant l'affirmation d'Amine, Ariane Hersant est bien incapable de rétorquer quoi que ce soit.

**********

Nicolas est chez Blanche. L'heure du repas vient de passer et tous les deux se sont donc sustenter. Et tandis que son épouse débarrasse le reste des plats ainsi que les couverts et assiettes, Nicolas semble lointain, comme perdu dans ses pensées. Soudain la voix de Blanche semble lui parvenir mais difficilement. Le docteur Berger revient au moment présent.

"Tu disais quelque chose, s'enquit-il.
-Je voulais savoir si tu étais d'accord pour accompagner Noé à la piscine ce soir. Avec ces fortes chaleurs il n'a pas le temps de se dépenser dans la journée. Donc je pensais que vous pourriez vous faire une sortie entre hommes.
-Oui, oui ça devrait pouvoir se faire, répond simplement Nicolas."

Blanche lui sourit en guise de remerciement. Se faisant, et dans un geste involontaire, elle heurte un verre emplit d'eau au lieu de s'en saisir, son attention étant focalisée sur son mari. Tout le contenu se répand aussitôt sur la table de la cuisine avant de goutter soit sur le sol, soit sur le pantalon de Berger. L'intéressé se lève alors d'un bond, faisant choir la chaise.

"Non mais tu ne peux pas un peu regarder ce que tu fais, s'emporte-t-il contre Blanche.
-Excuse-moi, fait aussitôt cette dernière stupéfait du comportement de l'autre."

La quinquagénaire se saisit ensuite d'un roule de Sopalin et entreprend d'éponger l'humidité l'attente au niveau du sol après avoir soulevé le coin de la nappé qui continuer de répandre le reste du liquide clair. Blanche se concentre alors sur sa tâche, peu désireuse de devoir toiser son compagnon. Ce dernier réalise qu'il est allé trop loin et s'accroupit près d'elle.

"Je suis désolé, assure-t-il d'un ton sincère. Je n'aurai pas dû me comporter ainsi. Ce n'est que de l'eau.
-Tu n'avais pas à me crier dessus, se contente de dire Blanche tout en se redressant."

Après quoi Blanche entreprend de jeter les papiers usagers avant de faire face à son époux.

"Qu'est-ce qu'il t'arrive Nicolas ? Depuis hier soir tu es nerveux. Déjà cette nuit tu n'arrivais pas à dormir et je t'ai entendu pester à de nombreuses reprises.
-Rien, rien."

Peu convaincu par un argumentaire aussi risible, Blanche reprend place sur une chaise. Le quadragénaire la regarde faire. Après un instant de silence il se décide à se confier.

"J'ai été recontacté par le docteur Alibert, fait-il. Le chef de la clinique Beausoleil, précise-t-il devant le regard interrogateur de Blanche.
-Il te recontacte après tout ce temps, s'étonne la mère de famille. Mais pourquoi ?
-Il souhaite que je retourne dans sa clinique, se contente de répondre Nicolas. De toute évidence j'y suis beaucoup apprécié et surtout mes talents de chirurgien pourraient leurs être utiles.
-Ne me dit pas que tu as accepté, l'interroge Blanche avec inquiétude. Si c'est le cas alors j'espère que tu as refusé.
-Pourtant un peu d'argent supplémentaire ne nous ferait pas de mal, prétend le docteur sans grande conviction.
-Tu sais parfaitement que financièrement tout va bien, réplique son interlocutrice. Non, je refuse que tu y retournes. Je sais comment tu étais la dernière fois. A force de jongler entre cette clinique et l'hôpital tu étais nerveux et tendu."

Un constat qui ne surprend pas Nicolas. Toutefois la détresse de Blanche lui est perceptible. Il lui prend ses mains qu'il enferme dans les siennes.

"Je n'y remettrai plus les pieds, promet-il.
-C'est vrai, s'enquit Blanche en levant des yeux pleins d'espoirs dans sa direction.
-Je n'en ai plus besoin, affirme-t-il. Plus maintenant, plus jamais."

Blanche le remercie via le regard et les deux s'embrassent.

**********

Installé sur le canapé de son salon, Samia regarde sa fille Lucie en train de faire des coloriages sur la table basse. Un sourire heureux sur le visage, la mère est contente devant l'épanouissement de son enfant.

"C'est pour papy et mamy, demande-t-elle à la gamine."

Un hochement frénétique de la tête est sa seule et unique réponse. Lucie poursuit sa tâche, imperturbable, faisant voler les mines des différents crayons avec lune certain dextérité. Dans le même temps des coups retentissent à la porte. Samia se lève.

"C'est sans doute ton père qui a les mains pleines, explique Samia à Lucie sans trop savoir pourquoi elle se justifie."

Quelques secondes plus tard la jeune femme est présente dans la partie cuisine où des valises sont présentes. Une ombre est visible au travers de la vitre opaque jouxtant la porte d'entrée. Une silhouette féminine. Samia hésite à ouvrir, devinant à qui celle-ci peut bien appartenir. Une voix s'élève alors depuis l'extérieur de la demeure.

"Samia je sais que tu es là et que tu m'as vu alors ouvre-moi, fait Hersant sur un ton emplit d'irritation."

L'intéressée obtempère à contrecoeur. Hersant entre ensuite sans attendre que Samia se soit écartée.

"Faut qu'on parle, affirme Ariane.
-De quoi, veut savoir la propriétaire des lieux."

Samia referme la porte et se place ensuite entre sa fille et Ariane. Cette dernière regarde les valises, témoignant du départ imminent pour un voyage de plusieurs jours.

"Jean-Paul n'est pas fait pour toi, soutient Ariane sans autre forme de préambule. Tu ne mérites pas un type comme lui.
-Pardon, s'estomaque Samia, incapable de dire quoi que ce soit d'autre.
-T'es pas française, juste une sale Arabe. Il ne mérite pas de te fréquenter."

Au vue de l'expression de colère qui transparaît sur le visage de Samia il est évident qu'elle est à deux doigts d'exploser mais que seule la présence de Lucie dans les parages l'empêche de le faire.

"Jean-Paul est très bien avoir moi, affirme-t-elle avec une voix qui se veut posée.
-Tu as souillée son sang en engendrant cette gamine, lâche Ariane en désignant Lucie d'un geste de la tête. A cause de toi elle sera la risée de ses camarades."

N'y tenant plus, Samia gifle violemment Ariane.

"Je ne te permets pas de t'en prendre à ma fille, s'emporte Samia. Et tu ferais mieux de partir d'ici et vite.
-Et toi tu ferais mieux de rester dans ton pays de terroristes, rétorque Ariane le visage virant au rouge.
-Tu espères vraiment pouvoir récupérer Jean-Paul une fois que je serai partie ? Et bien détrompes-toi, Jean-Paul vient avec nous deux. Jamais il ne te choisira.
-Il m'aime, soutient Ariane avec conviction. Et tu le sais. Sinon tu n'aurais pas autant peur de le perdre.
-Casses-toi, réplique Samia en essayant de pousser l'intruse vers la sortie."

Ariane est plus apte au combat et cela s'en ressent puisqu'elle se dégage aisément de la prise de la jeune femme. Après quoi Hersant se dirige d'elle-même vers la porte principale du logement. Une fois celle-ci ouverte, la blonde pivote pour toiser Samia.

"Jean-Paul finira par ouvrir les yeux, assure-t-elle de sa langue de vipère. Et moi je serai là pour l'attendre.
-Jamais il ne se mettra avec une pouffiasse comme toi, allègue Samia avec conviction.
-Détrompes-toi ma pauvre, persifle Ariane. Sinon pourquoi crois-tu que lui et moi on s'est envoyé dans les vestiaires hier matin."

Samia ouvre de grands yeux, choquée par une telle affirmation. Toutefois elle refuse de donner du crédit vis-à-vis des dires de l'autre femme.

"C'est faux.
-Dans ce cas tu n'as qu'à l'interroger sur la question. Tu verras bien que j'ai raison. Jean-Paul m'appartient déjà."

Puis avec un rire méchant elle s'éloigne de l'appartement des Boher, laissant une Samia totalement déboussolée.

**********

Il est un peu plus de treize heures quand le médecin légiste Antoine Baudroin revient au commissariat du Mistral. L'homme tient dans sa main droite une pochette cartonnée de couleur gris clair. Antoine rejoint le bureau d'Anne Olivieri. Patrick y est également présent.

"J'ai du nouveau, affirme le quinquagénaire en entrant dans la pièce sans avoir prit la peine de frapper."

Les deux autres le dévisagent avec attention, ne relevant pas le sang-gêne dont fait preuve Baudroin.

"C'est au sujet de notre inconnu, précise-t-il en agitant l'objet qu'il apporte."
-Vous avez pu l'identifier, s'enquit Patrick avec un intérêt évident.
-Pas encore. En revanche j'ai fait faire un scanne de son crâne afin d'établir un portrait de notre macchabée. Je ne vous cache pas que ce petit tour va me coûter bonbon et ... .
-Et à quoi ressemble notre victime, insiste Anne peu désireuse d'écouter l'autre parler argent."

Antoine ouvre alors sa pochette et en sort une feuille A4 où un portait artificiel apparaît. Il tend le document à Patrick.

"Voilà."

Nebout s'en saisit avant de l'étudier, suivi par Anne. La victime est Monsieur-tout-le-monde. Les cheveux bruns et des yeux de même couleur. Il pourrait n'importe qui sans qu'aucun signe distinctif ne puisse le discerner des autres hommes ayant cette apparence.

"Et vous êtes certain que notre type ressemble à ça, interroge Anne pas foncièrement convaincue.
-Tout à fait, réplique Antoine avec irritation du manque de confiance de ses vis-à-vis. Sur ce je vous le laisse pour trouver qui est votre victime. Moi j'ai d'autres chats à fouetter."

Puis, sans rien ajouter d'autre, l'homme s'en va en suivant.

"Vous pensez qu'on va pouvoir en tirer quelque chose, demande Anne à l'intention du commandant.
-Sans doute. Des gens pourraient le reconnaître et avec un peu de chances nous disposerons de son identité avant le week-end.
-Alors communiquons le portrait aux différents postes de polices. Si des proches ont signalé la disparition ils auront laissé une photo que nous pourrions comparer avec ce document.
-Je crois qu'il serait également utile de le communiquer via les médias sociaux de la police. Des gens pourraient faire le partage et plus de personnes pourraient tomber dessus, suggère Patrick. Car plus nombreux sont ceux qui verront notre homme, plus nos chances d'obtenir des résultats seront grandes."

Anne donne alors son accord par un hochement significatif de la tête. Après quoi tous deux observent l'illustration du faciès de leur victime, espérant obtenir très bientôt des éléments pouvant faire avancer leur enquête.

**********

Loin des soucis d'une enquête qui en est qu'à ses premiers pas, Jean-Paul lui a déjà la tête ailleurs, focalisé sur le voyage qui l'attend en compagnie de sa femme et de sa fille. Quittant son véhicule avec un poche plastique emplit de diverses courses que lui a commandé Samia, l'homme s'approche de l'entrée principale qu'il ouvre avec la main gauche.
Une fois à l'intérieur, la première chose que Jean-Paul constate c'est la présence de sa femme, debout et droite comme un I, le toisant avec une expression d'extrême froideur. De toute évidence quelque chose ne va pas.

"Tu en as mis du temps, lâche la jeune femme, glaciale. Tu as rejoins l'autre morue ou c'est l'inverse ?
-De quoi est-ce que tu parles, demande Jean-Paul avec une légère inquiétude tout en posant son cabas à terre.
-Ne fait pas l'innocent. Ariane est venue ici et elle m'a tout raconter de votre petite partie de jambes en l'air.
-Ah."

Une réponse qui ne satisfait pas la jeune mère de famille.

"C'est tout ce que tu as à dire pour ta défense ? "Ah." ?
-Je ne vois pas de quoi est-ce que tu parles ? Tu connais Ariane, elle ne cherche à qu'à te mettre en colère en racontant des bobards.
-Pourtant tu as couché avec elle, n'est-ce pas ?"

Jean-Paul baisse les yeux. Il ne sait que dire pour se justifier de son moment de faiblesse.

"Comment as-tu pu coucher avec cette morue ? Elle est raciste et ne pense qu'à elle. Tu me dégoûtes, ajoute-t-elle devant le manque de réaction de son mari."

Jean-Paul ouvre la bouche, cherchant ses mots. Il constate que Lucie se tient dans le salon, occupé à dessiner. Il craint que l'enfant n'est perçu ce qui est en train de se dire dans la pièce.

"On pourrait peut-être en discuter ailleurs, propose-t-il sans trop grande conviction.
-Pourquoi ? Tu as peur que ta fille comprenne que son père est un pauvre gars qui saute une autre femme et qui revient la bouche en coeur pour me faire l'amour en suivant ?"

Le mari tente vainement de la regarder droit dans les yeux. En vain.

"Ah ton discours avec la bouche en coeur comme quoi tu as besoin de Lucie et moi était de la culpabilité, avoues-le.
-Je ..., commence Jean-Paul. Je n'ai jamais voulu ... . Je n'ai pas pensé à ... ."

Argumentaire médiocre qui ne passe aucunement auprès de Samia.

"Je ne veux plus de toi ici, affirme l'intéressée. Je ne veux même pas que tu viennes avec Lucie et moi chez mes parents.
-Tu ne peux pas lui imposer cela, s'indigne Jean-Paul. On lui a dit que nous partirions tous les trois.
-Ca c'était avant que tu ne décides de tout foutre en l'air avec cette salope.
-J'étais perdu, plaide Jean-Paul. Je ne savais plus quoi penser de tout ce qu'il s'était passé ces derniers jours et ... .
-Gardes donc tes excuses minables pour toi. Nous avons un taxi qui nous attend Lucie et moi."

Elle se retourne pour faire un geste à sa fille. Celle-ci la rejoint tout en lançant un coup d'oeil timide à l'encontre de son père. Samia prend la main de Lucie et de sa pogne libre elle se saisit d'une grosse valises rouges contenant les affaires des deux représentantes du sexe féminin. Après quoi elles se dirigent vers la sortie.

"Quand je reviendrai dans deux semaines je veux que tu ai quitté cet endroit, avertit Samia."

Et avant que Jean-Paul ai le temps de répondre, Samia et Lucie disparaissent à l'extérieur de l'appartement laissant l'homme dans un état malheureux.

**********

Plusieurs heures se sont écoulées et la soirée débute à peine tandis que le soleil brille toujours dans les cieux et que la chaleur perdure dans les rues de Marseille. Le docteur Alibert en a terminé avec sa journée à la clinique Beausoleil qu'il vient de quitter moins d'une minute auparavant. L'homme n'est pas seule puisqu'une jeune infirmière l'accompagne. Au vue des oeillades qu'elle lui adresse régulièrement, il est évident que la femme est intéressée par l'autre.

"On pourrait aller boire un verre, propose-t-elle avec espoir. Après tout vous aussi vous avez besoin de décompresser de temps à autre, affirme-t-elle avec un sourire suivi d'un clin d'oeil coquin."

Malgré tout le docteur ne semble pas réceptif à ces appels. Il se contente donc de répondre.

"Pas ce soir. J'ai d'autres projets en ce qui me concerne, assure-t-il avec une certaine fermeté.
-Toujours aussi solitaire, pas vrai doc, rétorque la jeune infirmière, loin de se démonter pour autant. Pourtant ça ne vous ferait pas de mal de voir du monde. Ou de fréquenter quelqu'un, conclu-t-elle de façon espiègle.
-Je ne suis pas intéressé Amandine, rétorque Alibert sur un ton qui ne souffre d'aucune réplique."

Suite à quoi le médecin s'éloigne dans la direction opposée de l'infirmière, prêt à gagner sa voiture qui l'attend à l'ombre d'un arbre. Il est loin de se douter qu'à quelques mètres de sa position une tierce personne observe son manège pendant qu'il grimpe dans son automobile. L'espion serre alors ses mains gantés de cuir sur son volant tandis qu'Alibert démarre et s'engage sur la chaussée.

**********

Il est près de vingt-et-une heures et bien que la clarté du jour continue de s'étendre et que certains profitent de la douceur qui s'est installée sur la ville pour profiter de cette soirée, Patrick et Anne ne sont pas concernés par ce fait. Bien au contraire, les deux représentants des forces de l'ordre sont toujours présents à l'intérieur du commissariat. Pour l'heure actuelle, les deux partenaires sont présents en salle de pause.

"Vous feriez mieux de rentrer, votre femme va vous attendre, glisse Anne à l'intention du commandant.
-Hmm, oui, répond Patrick qui sort de ses pensées.
-C'est l'enquête qui vous tracasse, pense Anne.
-Pas vraiment. Tout du moins pas directement. C'est simplement que je n'aurai pas le temps de me concentrer sur l'Enchanteur.
-En effet, il est préférable de ne pas trop vous disperser sinon vous risquez de commettre des erreurs.
-Et laisser ce monstre en liberté ?"

Patrick secoue la tête, l'idée lui paraissant désagréable. Anne pose une main sur celle de Patrick.

"Vous le coincerez. Tôt ou tard vous finirez par y arriver."

Patrick ne répond pas tout de suite, ses yeux se posent sur la pogne d'Olivieri.

"Avec votre aide j'arriverai à gérer la situation, glisse-t-il. Ensemble nous pourrons l'avoir.
-Je regrette mais il vous faudra mener cette croisade tout seul, répond Anne. Nous quittons ce commissariat demain pour un autre quartier de la ville."

Nebout acquiesce alors, ne sachant quoi répondre à cela. L'homme donne l'impression d'être seul face à la tâche qui l'attend quant à réussir à confondre enfin le docteur Berger.

"Nous nous reverrons, interroge Patrick.
-Certainement, glisse Anne dans un souffle."

Les deux se regardent. Une certaine tension semble régner entre les deux tandis qu'ils se toisent les yeux dans les yeux. Au même moment la porte de la salle s'ouvre vivement, les faisant sursauter. C'est Castelli qui se tient sur le seuil.

"Je dérange, demande celui-ci en les zieutant tour à tour."

Les intéressés répondent par la négative en secouant la tête.

"Que voulez-vous capitaine, cherche à savoir Anne en s'écartant du commandant.
-On a eu un appel. Une femme a vu la photo de notre victime sur les réseaux sociaux. Elle affirme l'avoir reconnu.
-Elle nous a donné un nom ?
-Non. En fait elle travaille dans un bar et c'est là-bas qu'elle l'a croisé. Mais y a mieux."

Les deux autres attendent alors, retenant leur respiration. Léo reprend la parole.

"Notre victime n'était pas seul quand la femme l'a aperçu. Un autre homme était également présent."

La commissaire et le commandant se tournent l'un vers l'autre, se comprenant aussitôt du regard.

"L'assassin était très certainement avec notre victime, lâche Patrick et Anne d'une même voix."

FIN DE L'EPISODE.
caliban40280



Masculin

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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty19/8/2017, 15:03

Bonjour tout le monde.

Après des semaines d'absence me revoilà pour poster l'épisode cinq. Ayant eu quelques soucis je n'ai pas pu avancer comme voulu. Je vais donc tâcher de me rattraper et essayer de finir les épisodes plus rapidement à l'avenir pour pouvoir les poster chaque samedi.

Bonne lecture à tous.


EPISODE NUMERO CINQ : VENDREDI 14 JUILLET 2017.

L'heure est encore matinale quand le bar nommé Canebière ouvre ses portes. Une jeune femme se charge de cela, usant de la clé qu'elle tourne dans la serrure avant de faire coulisser le rideau de fer vers le haut. Après quoi elle s'apprête à ouvrir également l'entrée principale dont la porte vitrée affiche l'identité des lieux en lettres rouge. Un homme approche.

"Mademoiselle Ariss ?"

L'intéressée se retourne et remarque la présence de Patrick. Celui-ci montre sa plaque de policier.

"Commandant Nebout, déclare Patrick. Puis-je vous poser quelque question à l'intérieur.
-C'est à propos du mec qu'est venu dans mon bar, interroge la femme tout en mâchant son chewing-gum."

Le commandant hoche la tête pour répondre et tous deux entrent dans le bâtiment. Les chaises sont pour le moment sur les tables et la serveuse entreprend de les mettre en place. Patrick la regarde faire quelques secondes avant de débuter son interrogatoire.

"Vous êtes certaine que c'était bien l'homme sur la photo ?
-Certaine, réplique la dénommée Ariss d'une voix traînante. J'étais de service cette nuit là et c'est lui qui a prit les consos.
-Je vois, se contente de dire le commandant tout en opinant du chef. Et comment a-t-il réglé la note ?
-Il a payé en liquide, se contente de lui apprendre Ariss."

La serveuse finit sa tâche avant de se diriger dans une autre pièce après s'être dirigé vers le fond et emprunté trois marches donnant sur une zone plus basse et plus sombre. Ariss active les lumières tamisées avant de faire face au représentant des forces de l'ordre.

"Votre type était dans cette pièce, affirme-t-elle tout en désignant une table sur la droite.
-Vous nous avez dit qu'il n'était pas seul ce soir là, lui rappelle Patrick.
-Ouais y avait un autre gars.
-Et que pouvez-vous me dire sur ce dernier.
-Je l'ai pas bien vu. Il était de dos et quand ils sont partis j'ai pas vraiment fait attention.
-Vous n'avez donc rien relevé de particulier chez cet autre homme ?
-Bah il avait l'air d'un type normal. Je crois qu'il avait la quarantaine lui aussi mais je l'ai pas bien vu."

D'après le visage qu'affiche le commandant Nebout, il paraît évident que ce sont de trop minces informations pour en tirer quoi que ce soit.

"Et y a-t-il des caméras de surveillance dans cet établissement ? Et au niveau de l'entrée, demande-t-il en suivant alors que la femme secoue négativement la tête pour les deux questions.
-Le patron refuse d'en installer. Il dit qu'on est assez surveillé comme ça sans avoir besoin de l'être dans des lieux comme ici.
-Je vois, se contente de dire Patrick.
-Par contre y en a dans la rue, explique Ariss."

Un détail qui augmente l'intérêt du commandant. Il prend une note sur un bout de papier avant de prendre la parole.

"Pour en revenir aux deux hommes, pouvez-vous me dire vers quelle heure ils sont partis ?
-Il était un peu moins de vingt-deux heures. Ils ont failli en venir aux mains et le patron les a fait virer d'ici.
-Vous en connaissez la raison ?
-Non. Mais bon vu ce genre de types a souvent coutume de faire la tournée des bars jusque tard dans la nuit. Je serai pas étonnée si ils n'étaient pas allés picoler ailleurs.
-Bien, j'ai tout ce qu'il me faut, lâche Patrick Nebout. Si jamais nous avons besoin de compléments nous vous recontacterons."

La serveuse se contente d'opiner du chef. Le commandant sort ensuite du bâtiment.

**********

Il vient tout juste de sonner huit heures du matin quand Nicolas Berger sort de la chambre d'un de ses patients à l'hôpital de Marseille-est. Léa Nebout l'accompagne. Tous deux referment derrière eux et commencent à s'éloigner dans le corridor. La jeune femme prenant la tête du duo. Elle s'apprête à entrer dans la chambre d'un autre malade quand elle constate que le chirurgien ne l'a pas suivi.
En effet l'intéressé est resté aux abords de l'endroit qu'il vient de quitter, adossé contre le mur, sa main droite est levée au niveau des yeux qu'il masse à l'aide du pousse et de l'index.

"Docteur Berger, s'enquit Léa tout en revenant sur ses pas."

Le médecin ne lui accorde aucune attention. Les traits de son visage sont marqués par la fatigue.

"Vous ne paraissez pas en grande-forme, remarque l'étudiante en médecine.
-Et vous vous paraissez perspicace, rétorque Nicolas avec sécheresse.
-Quelque chose ne va pas, l'interroge Léa avec sollicitude."

Le docteur secoue la tête pour s'éclaircir les idées avant de prendre un ton froid et railleur à la fois.

"Vous comptez faire un rapport sur mes faits et gestes à votre beau-père.
-Pas du tout, s'exclame la jeune femme, piqué au vif par cette remarque. C'est juste que vous êtes dans un état pitoyable.
-Et donc vous escomptez que je vous raconte ma vie afin d'aller jouer le brave toutou qui rapporte à son maître. Et bien si le commandant vous le demande vous n'aurez qu'à lui dire que j'ai passé la nuit à jouer à l'Enchanteur et a éliminé plusieurs femmes, s'énerve le chirurgien."

Comprenant qu'il ne sert à rien d'insister, Léa n'ajoute rien. Le docteur Berger s'éloigne alors de la jeune femme et une fois seul il fouille dans la poche de sa blouse blanche, en sort un récipient cylindrique contenant des comprimés avant d'ingurgiter deux de ces derniers.

**********

Patrick est de retour au commissariat, se tenant dans le bureau d'Anne Olivieiri. Le juge Senghor est présent.

"Et donc le témoin ne vous a donné aucune identité, constate le juge. Et bien il semblerait que vous n'avez toujours pas progressé depuis le début de vos investigations.
-Nous savons au moins que la victime a été vu au bar de la Canebière jusqu'à vingt-deux heures. Il n'était pas seul.
-Et cet autre individu, je présume que vous n'avez pas non plus de nom à me fournir.
-En effet, concède Patrick. Toutefois la rue où se trouve le bar possède des caméras de surveillance. Nous pouvons peut-être retracer leur parcours.
-Je vous rappelle que votre homme est mort entre trois heures et quatre du matin, fait Senghor. Il y a donc une fenêtre d'au moins cinq heures.
-Voilà pourquoi j'ai besoin de votre accord pour visionner les vidéos de surveillance. Certes il y a fort à parier que nous ne puissions remonter bien loin mais si ça peut nous permettre de mettre un visage sur la personne qui l'accompagnait et pourquoi pas un nom.
-Mon accord vous l'avez, souligne le juge.
-Merci, se contente de dire le commandant.
-Il est tout de même surprenant qu'hormis un témoin dans ce bar, personne d'autre n'est reconnu notre victime, déclare Senghor.
-Si aucun membre de la famille ou des amis ne sont pas manifestés, il est probable que notre homme ne soit pas de la région, théorise la commissaire. Voilà pourquoi nous avons encore aucun nom.
-Alors hâtez-vous de lever le voile sur ce mystère et vite, les enjoint le juge. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué la presse s'étonne déjà de la lenteur à laquelle votre enquête progresse."

Suite à quoi et sans attendre que les deux autres puissent dire le moindre mot, Senghor sort du bureau.

**********

Le moins que l'on puisse dire c'est que Nathan était pour l'heure plongé dans son élément. A vrai dire il l'était déjà depuis pas mal de temps. Et à voir sa manière qu'il a de pilonner les touches de la manette on peut comprendre qu'il est expert en la matière.

"Ah ha je t'ai eu, lâche-t-il à l'intention d'un monstre de pixels qui tombe mort au pied du héros qu'il incarne."

Malheureusement pour le jeune professeur d'anglais il s'avère que son allégresse est loin d'être partagée par l'ensemble des personnes qui résident au sein de la colocation. En effet, Barbara, Coralie et Sabrina sont présentes dans le salon, tenant là une réunion qui se veut secrète et qui a pour but d'évoquer le cas de l'adulescent qui est pour l'heure enfermer dans sa chambre.

"Ca ne peut plus durer comme ça, affirme la fille de Léo Castelli. Il passe son temps sur la console.
-Même pendant toute la nuit, s'insurge la serveuse du bar du Mistral.
-Nathan n'a jamais été un adulte, affirme Coralie. Je me demande encore comment il peut enseigner quoi que ce soit à ses élèves.
-Il ne grandira jamais, assure Barbara. Déjà quand j'étais au lycée il était comme ça.
-Le pire c'est que pendant ce temps il ne prend pas part à ses responsabilités au sein de la colocation, hasarde le professeur de mathématiques. Cela fait près de deux semaines qu'il n'a fait ni les courses, ni le ménage.
-Et le loyer, ajoute Sabrina."

Elle n'a guère besoin d'en dire davantage pour que les deux autres acquiescent d'un air entendu. Sur tous les faits qu'elles peuvent reprocher au jeune homme qui partage leur toit, le loyer est de loin le plus préoccupant. Les tâches ménagères elles peuvent toujours faire contre mauvaise fortune bon coeur en se les partageant, voir en demandant à Djawad de les aider. Même chose pour les commissions au supermarché du coin.
En revanche pour ce qui concerne le loyer c'est autre chose. Le prix étant élevé la colocation était le meilleur moyen pour partager des frais onéreux. Or voilà que Nathan ne prenait plus sa partie qui lui revenait.

"C'est vrai, déclare Barbara. Il est temps qu'il donne ce qu'il doit. Je refuse de l'entretenir sinon il profitera encore longtemps de la situation.
-Ce n'est pas un service à lui rendre que de tout lui céder, approuve l'ancienne SDF."

Etant toutes sur la même longueur d'onde, elles décident de se rendre dans la chambre de Nathan, progressant d'un pas décidé. Une fois devant la porte conduisant dans la pièce qu'elles comptent gagner, aucune des trois femmes ne prend la peine de frapper et elles entrent d'une démarche conquérante.
Tout entièrement focalisé sur son jeu et leur tournant le dos, le jeune homme ne se rend pas compte qu'il n'est plus seul. Son attention est alors attiré par Barbara qui contourne la couche pour se rapprocher du poste de télévision et sans faire dans le détail elle entreprend de débrancher télé et console d'un geste vif.

"Eh mais qu'est-ce qui te prend, s'insurge le gamer en se levant d'un bond.
-Il y a qu'on a à te parler, fait la voix de Coralie dans son dos.
-Mais j'ai même pas sauvegardé ma partie, geint l'adulescent."

Loin de culpabiliser pour autant, les trois représentantes de la gente féminine le toise avec intensité, les bras croisés sur la poitrine. Comprenant que l'heure est grave, Nathan laisse choir sa manette sur le matelas et consent à porter son attention sur les trois colocatrices.

"Qu'est-ce qu'il se passe, s'enquit-il sur un ton faussement affable."

A l'entendre il est évident qu'il n'a qu'une hâte, expédier la conversation qui s'annonce en vue de retourner vite fait à son loisirs préféré.

"Il y a qu'on en a marre de toi, commence Sabrina.
-De moi, s'étonne Nathan. Mais je me fais même pas remarqué, je passe mes journées dans ma chambre.
-Et les règles de la colocation qui veut qu'on se partage les tâches, lui fait remarquer le professeur de mathématiques.
-Je fais mes tâches, réplique Nathan piqué au vif. L'autre jour j'ai fait la vaisselle.
-C'était il y a plus d'une semaine, rétorque Barbara."

Nathan ne semble pas croire en une telle affirmation. Le regard lointain il semble effectuer un calcul pour vérifier les dires de Barbara.

"Ah oui, déclare-t-il sans vraiment s'émouvoir.
-Mais le soucis n'est pas là, affirme Coralie. Tu n'as toujours pas payer ta part du loyer.
-Vraiment, s'étonne Nathan mal à l'aise. J'ai pourtant envoyer le chèque à Rochat.
-Et bien à moins qu'il ne se soit subitement envolé, Rochat n'a absolument rien reçu, poursuit la blonde.
-Pourtant, débute Lesserman."

Barbara ne lui laisse pas l'opportunité de terminer sa phrase.

"Tu ne l'as pas payé et on le sait toutes les trois. Et ne compte pas sur nous pour régler la note à ta place. On n'est pas là pour ça.
-C'est vrai, approuve Sabrina tout en hochant vivement la tête.
-Alors tu vas faire ce fameux chèque et vite si tu comptes continuer à faire partie de notre colocation, surenchérit Coralie. Car il est hors de question que tu vives à nos crochets. Nous ne sommes pas ta mère.
-C'est que ... .
-Que rien du tout, fait Coralie. On te supporte déjà toi et tes jeux de gamins mais ça ne va pas durer longtemps si tu continues à ne pas participer au frais ni aux différentes tâches que nous avons fixé."

Comprenant qu'il ne sert à rien de chercher à marchander puisqu'il est seul contre trois femmes au fort tempérament, Nathan décide de la jouer carte sur table. Jouant tout de même à la victime.

"C'est que, commence-t-il, j'ai des soucis d'argent.
-Que nous chantes-tu là, s'énerve Coralie.
-Si tu crois qu'on va gober ton histoire, enchaîne la cuisinière. L'autre jour tu es revenu avec une poche pleine de jeux-vidéos.
-C'était des occasions, tente de les persuader Nathan.
-A d'autre, on a vu le ticket de caisse, bluffe Sabrina."

Cela fonctionne puisque Lesserman baisse les yeux en direction du sol.

"Rochat attend son chèque avec impatience. Alors tu vas le faire de suite et aller le lui remettre en main propre, dit Coralie. Et pour être certain que tu le feras je t'accompagnerai jusque là-bas.
-C'est que je ne peux vraiment pas, tente Nathan. J'ai usé de mes dernières économies pour prendre ces jeux. C'est des collectors et tout.
-On s'en fiche de ça, réplique Barbara. Il est grand temps que tu grandisses et que tu nous prouves qu'on peut te faire confiance.
-Car il est hors de question qu'on t'entretienne.
-Surtout si c'est pour jouer à des jeux puérils, surenchérit Coralie. Donc tu as le choix. Soit tu trouves une solution et tu t'arranges pour envoyer le chèque aujourd'hui, soit on devra chercher quelqu'un pour te remplacer."

Le choc transparaît sur le faciès du jeune homme à l'annonce de cet ultimatum.

"Je pourrai peut-être demander un délai à Rochat, propose-t-il.
-Rien du tout. Le chèque ou alors tu fais tes valises et tu pars dès ce soir.
-C'est à toi de voir, conclu Sabrina."

Puis sans rien ajouter d'autre, les trois femmes sortent de la pièce, laissant Nathan totalement désemparé.

**********

Midi est déjà passée depuis un peu plus d'une demie-heure. Présents dans leur voiture de patrouille, Léo et Amine ont tous les deux entamés leur pause déjeuner. Les portières sont ouvertes afin de laisser passer un peu de fraîcheur.

"Alors prêt à nous quitter, demande l'homme d'expérience.
-Je n'attends que ça, réplique le jeune homme en avalant ce qu'il reste de son sandwich à la dinde.
-Ah bah quelle enthousiasme, s'exclame Léo. En tout cas on peut dire que c'était bien de faire équipe tous les deux.
-Ouais enfin pas au début, lui rappelle Amine. Tout ça parce que tu m'as pris pour un pyromane de service."

Les deux hommes se toisent sans aucune animosité. Pour eux ce n'est qu'une histoire ancienne puisqu'elle s'est finalement bien terminée pour la jeune recrue de la BAC.

"Alors c'est définitif, l'interroge Castelli. Tu ne reviendras pas sur ta décision ?
-Je te l'ai dit, c'était cool de bosser avec toi. Au moins j'ai appris pleins de choses. Mais je vise plus grand qu'un petit commissariat. Moi je suis fait pour la BAC."

Castelli acquiesce en silence, sans ajouter quoi que ce soit. Pendant quelques instants plus aucun bruit ne vient troubler la pause repas du binôme. C'est finalement Amine qui reprend la parole.

"Anne a besoin de gens de confiance, tente-t-il de se justifier. Elle compte donc sur moi, sur Ariane et les autres. Après tout on est une famille."

Castelli se contente d'opiner du chef, paraissant pensif.

"Eh mais on se reverra quand même, assure Amine en toisant son collègue. Notamment pour le Tour de France.
-Bah te sens pas obliger, réplique Léo.
-Attends tu m'y as initié, lui rappelle Amine. Alors pas question de rater la victoire finale de Bardet.
-Pas certain qu'il gagne cette année, fait Léo. Il est encore trop jeune.
-Bah ça viendra. Et ce jour-là on le regardera ensemble, promet le jeune homme. En attendant j'ai quelque chose pour toi."

Surpris Léo voit Amine se pencher en avant et tirer une petite boîte tupperware de sous son siège. Objet qu'il tend ensuite à son voisin.

"C'est ce que je pense, fait Castelli.
-Du couscous aux noisettes, acquiesce Amine. J'ai dit à ma mère que tu en raffolé."

Léo est touché par le geste. Il prend la boîte qu'il pose délicatement sur ses genoux.

"Ca me fait penser que j'ai aussi un truc à te donner, glisse-t-il."

Amine attend en silence. Peu de temps après Léo lui donne un petit boîtier CD.

"Je crois comprendre ce dont il s'agit, fait Amine sur un ton faussement dépité. Ca va être une véritable horreur pour mes oreilles.
-Que tu dis, rétorque Léo. Mais à moi tu ne me la feras pas. J'ai bien vu comment tu as "kiffé" la dernière fois.
-Ah parce qu'en plus je vais devoir t'écouter parler le jeune, dit Amine en empruntant un air horrifié. Mais je t'ai fait quoi pour souffrir autant ?"

Léo ne répond pas et glisse le CD dans le lecteur.

"Tu sais je t'ai quand même choisi les meilleurs morceaux, précise-t-il. Enfin j'ai demandé à ma fille parce que internet et moi ..., conclu-t-il sans terminer sa phrase."

Aussitôt de la musique s'élève des enceintes. Amine grimace lorsque les premières notes d'une marche militaire emplissent l'habitacle de la voiture.

"Là ce que tu entends c'est le choeur de l'armée rouge, lui apprend Léo.
-Ouais bah je crois que je suis plus Soprano, lâche Amine. Ah bon sang tu parles d'un cadeau empoisonné."

Léo a un petit sourire satisfait. Il agite alors le récipient contenant son propre présent.

"Ca te dit qu'on en profite pour rendre honneur à ta mère ? Parce moi j'ai encore faim."

Amine ne se le fait pas répéter deux fois. Il sort deux fourchettes en plastique de la poche de son jeans.

"Je me demandais quand tu allais me le demander, lâche-t-il."

Et tandis que tous deux entreprennent de déguster le couscous aux noisettes le Choeur de l'Armée Rouge continuent à se faire entendre.

**********

Le soleil darde ses rayons sur la région tandis que la seizième heure de la journée vient d'être dépassée. Présents dans la cour de l'hôpital, le docteur Berger et le docteur Alibert circule ensemble tout en s'entretenant.

"Et en ce qui concerne le patient que j'ai fait admettre en début de matinée, interroge Alibert."

Il est évident qu'il s'agit d'une diversion puisque deux infirmiers passent près d'eux et que le duo n'a pas la moindre attention d'attirer les oreilles indiscrètes. Finalement ils poursuivent une fois qu'ils ne sont plus que tous les deux.

"Et si tu me disais la véritable raison de ta visite, le questionne le chirurgien.
-Je voulais te remercier pour être venu me retrouver hier soir.
-Et tu viens jusqu'ici uniquement pour ça, s'étonne Nicolas. Un simple message aurait amplement suffit et ça aurait évité que quelqu'un nous croise.
-Tu penses à la jeune Nebout ?
-Entre autre, concède Nicolas.
-Blanche, comprend Alibert.
-Oh elle est au courant, lâche le chirurgien.
-Vraiment, s'étonne son demi-frère. Je n'aurai jamais cru que tu lui aurais confié cette petite escapade nocturne.
-Et à quoi bon le lui dissimuler, cherche à savoir Berger. Après tout nous n'avons rien fait de mal.
-Non en effet, réplique Alibert."

Tous deux poursuivent alors leur progression. Alibert rompt le silence après qu'une minute se soit écoulée.

"Il y a une soirée qui sera prévue la semaine prochaine. Et je me demandais si ... .
-Si je pouvais en être, termine Nicolas.
-Tu pourras, s'enquit Alibert.
-Et pourquoi ne pas demander à l'infirmière qui tourne autour de toi, veut savoir le chirurgien. Je suis certaine qu'elle se fera une joie immense d'accepter."

Une perspective qui n'enchante pas l'autre. Néanmoins il n'a pas le temps d'en dire davantage sur ses motivations. En effet le visage changeant en une expression de surprise, Alibert s'écarte du chemin pour se diriger sur un banc où un vieil homme est tranquillement en train de lire la Dépêche Marseillaise. Alibert le lui arrache sans autre forme de préambule.

"Eh, s'insurge le lecteur."

Alibert ne s'en préoccupe pas tandis que Nicolas le regarde faire, fronçant les sourcils pour témoigner de sa perplexité. Son homologue lui a les yeux rivés sur la une du journal où la photo de la victime de meurtre est visible. Alibert est mal à l'aise.

"Tout va bien, le questionne le chirurgien."

N'obtenant pas la moindre réponse de son demi-frère, Nicolas effectue un pas en avant.

"Je dois partir, finit par lâcher Alibert."

Puis sans rien ajouter d'autre il s'enfuit vivement, laissant un Nicolas totalement en plan et franchement abasourdi.

**********

L'heure du départ avait également sonné en ce qui concerne la commissaire Anne Olivieri. Se faisant l'intéressée est dans son bureau où elle range ses rares effets personnels à l'intérieur d'un carton. Anne n'est pas seule. En effet le commandant Patrick Nebout lui tient compagnie.

"Je pense que vous saurez gérer les choses, confie la femme. En ce qui concerne l'enquête.
-Je crois que nous aurions pu arriver à coincer le tueur en continuant à bosser ensemble, glisse Patrick. Car pour le moment je suis loin d'avoir la moindre piste sérieuse qui puisse me permettre de progresser en direction de l'assassin.
-Depuis quand ce genre de choses vous arrêtent-elles, fait Anne avec un sourire confiant. Après tout vous êtes bien parvenu à coincer Eric suite à cette histoire d'incendie. Je suis donc convaincue que vous parviendrez à mettre la main sur l'homme qui a éliminé notre inconnu puis de l'envoyer derrière les barreaux."

Se faisant, Anne termine de remplir le carton. Elle contourne ensuite le bureau pour se rapprocher de son vis-à-vis.

"Je crois que pour le moment l'heure est surtout venu à nous dire au revoir."

Patrick opine du chef sans piper mot. La commissaire reprend la parole.

"J'aurai apprécié les bons moments que nous avons passé ensemble.
-Tout n'a pas toujours été rose, lui rappelle Nebout. Il y a bien eu des frictions et des divergences.
-Mais n'est-ce pas le cas dans toutes les bonnes équipes, lui fait Anne en souriant à nouveau. Quoiqu'il en soit, si on s'était rencontré dans des circonstances différentes ... ."

Elle ne termine pas de déclarer le fond de sa pensée. Les deux policiers se regardent longuement. On sent une certaine tension entre eux.

"Ce ne serait pas une bonne idée, précise Patrick rompant le lien unissant les deux êtres."

Anne opine du chef et fait un pas en arrière. Puis d'un commun accord ils se saluent une dernière fois en se serrant la main.

**********

La soirée a déjà débuté et dix-neuf heures vient de passer depuis peu. Luna est présente au desk de son hôtel, occupé à vérifier le livre de réservation. Soudain elle perçoit la silhouette de Nathan qui va en s'approchant de l'établissement, tirant tant bien que mal une grosse valise derrière lui.

"Tient donc regardez qui vient me rendre visite, dit-elle avec un sourire."

Nathan lui n'affiche pas la même expression, arborant un air qui se veut malheureux.

"Les filles viennent de me chasser de la colocation, affirme-t-il penaud.
-Allons bon, pourquoi ont-elles été aussi cruelle avec toi, ironise Luna.
-Elles veulent rester entre femme, soutient Nathan. Tu imagines ça ? Après tous les efforts que j'ai fait pour que ça se passe bien.
-Vraiment, fait Luna qui ne semble pas dupe. Ce ne serait pas parce que tu n'as pas payé ce que tu dois et que tu passes ton temps à jouer sur ta console au lieu de participer aux tâches ménagères ?"

Le jeune Lesserman est étonné que Luna soit au courant de ce genre d'information.

"Je te connais, poursuit la quadragénaire. Le ménage n'a jamais été ton point fort. Et puis Sabrina parle un peu trop au bar, continue-t-elle d'un air entendu.
-Oui bon ok, se contente de dire Nathan. C'est pour ça que je suis venu ici. Je me suis dit que je pourrai peut-être retrouver une chambre comme avant.
-Impossible, lui apprend Luna. Elles sont toutes occupées et jusqu'au mois de septembre l'hôtel sera complet."

Un détail qui fait écarquiller les yeux du professeur d'anglais.

"Quoi ? Mais tu me connais. Tu pourrais me faire une petite place dans une petite chambre.
-L'hôtel est complet, répète Luna. Et ne me fait pas le coup du jeune homme malheureux ça ne marchera pas.
-Je vais dormir où moi, s'inquiète Nathan. J'étais sûr que tu m'aiderais.
-Tu es un grand garçon, précise Luna. Je suis convaincue que tu vas trouver où aller. Chez des amis par exemple.
-J'en ai pas, lâche Nathan arborant un air de plus en plus malheureux. Allez Luna, après tout je suis ton ancien beau-fils préféré, poursuit-il."

Une remarque qui fait rire Luna.

"Te garder au détriment d'un couple venu profiter des biens faits du soleil marseillais ? Je regrette Nathan mais eux je sais qu'ils me payeront la chambre."

Sur ce la conversation est terminée, Nathan comprenant qu'il est désormais sans logis.

**********

La journée a été particulièrement harassante pour le docteur Berger qui quitte enfin l'hôpital où il officie. La jeune étudiante Léa Nebout l'accompagne alors qu'ils sortent tous les deux de l'établissement.

"Vous voyez que vous pouvez faire du beau boulot dès lors que vous ne vous la jouez pas fouineuse, glisse le chirurgien."

Une remarque qui semble ravir Léa.

"Je pourrai donc participer à des interventions plus complexe, cherche à savoir Léa.
-Je verrai. Il reste encore quelques points à régler, notamment votre empathie. Cette jeune fille n'était pas votre soeur. Il vous faut vous en souvenir sinon vous pourriez commettre un geste qui pourrait causer des dommages chez votre patiente.
-Mais je ne l'ai pas fait ce geste.
-Car j'étais là. Ce qui ne sera pas toujours le cas à l'avenir."

Nebout comprend que cette phrase signifie beaucoup.

"Je pourrai donc mener mes propres interventions, s'enquit-elle pleine d'espoir dans les yeux.
-Tant que vous serez étudiante je vous superviserai, réplique le chirurgien faisant disparaît le rictus de joie du faciès de Léa. Et je ne reviendrai pas là-dessus Nebout. Sur ce tâchez de vous reposez car vous aurez une journée bien chargé demain."

Sur ces mots les deux individus se séparent allant chacun dans une direction. Nicolas arrive à hauteur de sa voiture et y entre. Une fois installer sur le siège il s'enfonce dans celui-ci, fermant les yeux tout en poussant un soupir las. Une voix s'élève alors dans son dos.

"Dois-je en conclure que cette journée n'a pas été de tout repos."

Nicolas écarquille les yeux, se redresse vivement et toise le rétroviseur intérieur qui lui révèle la présence du docteur Alibert qui se tient à l'arrière de l'automobile.

"Que fais-tu là, questionne Berger surpris.
-Il fallait que je te parle, se contente de dire Alibert.
-Dans ce cas on se serait fixé un rendez-vous ailleurs. Léa n'est pas loin et j'admets que je n'aimerai pas que le commandant apprenne par elle que je te vois. Si Nebout se met à fouiner sur les raisons de ta présence il aurait tôt fait de découvrir notre lien.
-Cela n'a pas eu l'air de te déranger autant ce midi, lâche Alibert tout en jetant des coups d'oeil inquiet vers l'extérieur.
-Car les autres n'ont pas de parents qui cherchent à me faire tomber, souligne Nicolas. J'y ai donc réfléchi. Il vaut mieux que dans les prochains jours nous nous voyons le moins possible.
-Et la soirée dont je t'ai parlé, fait Alibert avec une pointe d'inquiétude. Tu ne comptes pas m'abandonner ?
-Nous nous verrons une autre fois. Je pense qu'il est préférable d'attendre pour savoir si Nebout a renoncé à me faire tomber.
-Tu l'as dit toi-même, l'Enchanteur est officiellement mort. Quand bien même il s'acharnerait contre toi il ne trouverait personne pour croire en ses élucubrations.
-Alors pourquoi est-ce que je te sens aussi inquiet, constate le chirurgien de Marseille-est."

Pendant un court moment il ne reçoit aucune réponse, Alibert semblant tergiverser sur si oui ou non il doit se confier. Finalement il tend à Nicolas le journal où apparaît la photo de l'homme mort. Berger étudie l'illustration.

"Cet homme, commence son demi-frère. Je le connais.
-Et c'est qui ?
-Peu importe. Lis l'article."

Nicolas s'exécute mais en survolant les grandes lignes.

"Il a été exécuté et alors ?
-Alors j'ai peur Nicolas.
-Peur de quoi ?"

Soudain le doute se lit dans ses yeux.

"Bon sang ne me dit pas que c'est toi qui ... .
-Bien sûr que non, s'insurge Alibert qui durant une seconde oublie sa peur.
-Alors expliques-toi.
-Je ... . Je crois savoir pourquoi on l'a tué lui. Mais ce n'est pas cela qui m'effraie. Je ... . Je crois que c'est moi qui serait le prochain."

Nicolas ouvre alors de grands yeux tandis que l'effroi emplit le regard de son vis-à-vis.

**********

Il est tard et la nuit a commencé à tomber sur la région. Toujours présent au commissariat Jean-Paul est en train d'étudier les vidéos des caméras de surveillance présent dans le quartier où la victime a été vue dans un bar. Le lieutenant est rapidement rejoint par le commandant Nebout.

"Toujours là, s'étonne ce dernier. Je pensais qu'il ne restait que moi.
-Bah non, comme tu vois y en a qui bosse encore.
-Je vois cela, constate son supérieur. Alors que donne les recherches ?
-Pour le moment rien. Si nos deux hommes ont fréquenté des bars se sera ailleurs en ville. Au cas où j'ai essayé d'avoir aussi les images dans les environs de la scène de crime. On ne sait jamais. Mais ça va prendre tout le week-end à les étudier.
-Tu auras l'aide que tu voudras pour ça. Il faut à tout prix savoir avec qui notre victime se trouvait."

Jean-Paul opine du chef tout en étouffant un bâillement. Son attention se porte sur la bureau du commissaire.

"Alors ils sont tous partis ?
-En effet, dit Patrick. Nous voilà de nouveau entre nous.
-Dommage car pour une fois c'était pratique d'avoir autant d'effectifs.
-Ariane ne reste pas, lui demande Patrick.
-Elle ne préfère pas. Je ... . Je crois qu'elle na pas eu ce qu'elle cherchait."

Patrick acquiesce, paraissant comprendre de quoi il en retourne. Le regard des deux se concentrent ensuite sur l'écran de l'ordinateur du lieutenant. L'image montre une rue éclairée par les lampadaires. La vitesse a été accélérée pour pouvoir l'étudier plus rapidement. Soudain la silhouette des deux hommes apparaît.

"Fait pause, s'exclame vivement le commandant."

Jean-Paul s'exécute. Le visage des deux policiers est visible tandis qu'ils étudient ce qu'ils ont devant les yeux.

"Tient, tient, je n'aurai jamais pensé à lui, fait alors remarquer Patrick."

**********

La nuit est pleinement installée sur la ville de Marseille et les lumières de la cité Phocéennes empêchent de pouvoir observer les étoiles. Loin de s'en formaliser un homme est vu de dos, à mi-hauteur de sorte qu'on ne puisse voir le haut de sa silhouette. Vêtu d'une petite veste malgré la douceur de la soirée, l'individu est occupé à tirer une valise derrière lui tout en se rendant sur la place du Mistral.
Les lieux sont déserts puisque le bar local est fermé. Loin de s'en formaliser le nouveau-venu continue à tirer son bagage dont les roulettes rompent le silence qui règne. Une fois parvenu au centre des lieux l'homme relâche la poignet de la valise et fait un tour sur lui-même, observant la devanture du bar du Mistral puis la façade récente de l'hôtel du Céleste.
Soudain une voix se fait entendre où une grande stupéfaction se laisse percevoir dans l'intonation.

"Papa ?"

L'homme se retourne alors, dévoilant un Nathan Lesserman totalement stupéfait par la vision qui s'offre à lui. Pour sa part Guillaume, le médecin de quartier, arbore un sourire contrit, ne s'étant pas attendu à une telle rencontre, se contente d'un :

"Eh fils."

FIN DE L'EPISODE.
caliban40280



Masculin

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MessageSujet: Re: FANFICTION : L'incendie    FANFICTION : L'incendie  Empty26/8/2017, 14:45

Bonjour tout le monde.

Voici la suite de ma fanfiction sur Plus Belle La Vie. Bon j'ai l'intrigue en tête mais pour le moment je bloque un peu sur comment la mener jusqu'à la fin. J'espère en tout cas que vous appréciez malgré que ça soit un peu long.

Bonne lecture tout le monde et bon week-end.

EPISODE NUMERO SIX : LUNDI 17 JUILLET 2017.

Le week-end venait de se terminer depuis quelques heures mais la nuit perdurait toujours sur la ville de Marseille. Pourtant, malgré l'heure indue, toutes les âmes de la ville n'étaient pas endormies. L'une d'elle, répondant au nom de Nathan n'a semble-t-il pas fermé l'oeil de la nuit tandis que le salon du logement de son père est illuminé par l'écran de télévision qui lui renvoie l'image du jeu vidéo auquel l'adulescent s'adonne depuis déjà plusieurs heures.
Le son des détonations des armes du héros semblent retentir en écho dans la pièce mêlé aux soupirs gutturaux des différents zombies qui l'assaillent en continue ainsi que le cliquetis incessant des touches de la manette. C'est sur ces entrefaites qu'apparaît Guillaume, le quadragénaire sort de sa chambre, le visage témoignant du manque de sommeil.

"Vas-tu baisser le son à la fin, lâche-t-il d'une humeur exécrable."

Très concentré sur sa mission, Nathan n'a pas entendu la requête qui vient de lui être formulé dans le monde réel.

"Nathan, s'énerve Guillaume tout en haussant le ton."

Le jeune homme se rend enfin compte qu'il n'est plus seul dans le salon. Il prend la télécommande, coupe le son. Pour Guillaume c'est loin d'être suffisant et d'un geste excédé il débranche la console, laissant l'écran de la télévision devenir noir. Le docteur actionne alors l'interrupteur, battant plusieurs fois des paupières en vue de s'habituer à l'éclat artificiel qui sourd depuis l'ampoule du plafond.

"Tu as passé tout le week-end sur ce fichu engin, clame-t-il à l'intention de son fils. Tu ne peux donc pas grandir un peu et te débarrasser enfin de ce machin ?
-Et toi tu as passé deux jours sans sortir de la chambre, réplique le jeune homme."

Le docteur lui répond par un regard peu amène. Il commence alors à se préparer une tasse de café. Nathan lui quitte le canapé pour gagner la petite table où il prend place sur une chaise.

"Pourquoi tu es revenu, interroge le jeune homme."

Un sujet qu'il a bien abordé le vendredi soir mais qui est resté sans réponse tout le week-end puisque Guillaume n'est pas sorti de sa chambre et que Nathan l'a attendu deux jours durant tout en étanchant sa soif des jeux vidéos.

"Papa ?"

Guillaume met la bouilloire en route, tournant délibérément le dos à son fils. Soudain il éteint l'appareil et se dirige vers la sortie d'un pas décidé.

"Papa, répète Nathan sur un ton un peu plus inquiet cette fois-ci."

Le docteur ne daigne pas formuler la moindre explication, ouvre la porte qu'il claque derrière lui une fois en avoir franchit le seuil, laissant un Nathan en plein désarroi.

**********

"Mais je t'assure que je l'ai vu, s'impatiente Mirta tout en s'adressant à son mari Roland ainsi qu'à Thomas."

Le trio est présent au bar du Mistral. Et tandis que le propriétaire des lieux essuie un verre, i lance un sourire en coin à son fils qui se tient également derrière le comptoir. Pendant ce temps, à l'extérieur, le jour est levé et quelques badauds peuvent déjà être vu en train d'arpenter la place du quartier.

"Allons bon, réplique Roland. Guillaume est à l'autre bout du monde en train de s'occuper de réfugier de guerre. Si vraiment il était revenu on l'aurait su.
-Mais je te dis que je l'ai vu, réitère l'ancienne propriétaire du Sélect, une pointe de colère dans la voix. Il était là sur la place, tôt ce matin.
-Et que faisait-il donc notre cher docteur, s'enquit Roland d'un ton narquois qui ne cache en rien son scepticisme.
-Comment veux-tu que je le sache, rétorque Mirta. Je l'ai aperçu depuis la fenêtre de la chambre. J'étais trop surprise pour penser à le suivre.
-Et tu es allée vérifier chez lui, demande Thomas."

Se faisant il jette un coup d'oeil vers le point du quartier où le médecin à son logement. Personne n'est visible. Pour sa part Mirta opine du chef.

"J'y ai trouvé Nathan, figurez-vous, fait-elle d'un ton où perce l'évidence. Et si Nathan y est retourné c'est parce que Guillaume est rentré de sa mission.
-Nathan te l'a clairement affirmé, veut savoir Roland en posant le verre avant de s'attaquer à un second.
-Il m'a dit de me mêlé de mes affaires, souligne Mirta piqué au vif en repensant à la remarque du jeune homme.
-Et il a bien raison, affirme Roland.
-Luna m'a parlé de ses déboires, les filles l'ont chassé de la colocation. Il est sans doute retourner dans le logement de son père afin d'avoir un endroit où dormir, déclare Thomas.
-Guillaume est revenu. C'est pour cela qu'il y est, s'entête Mirta."

Présente dans le bar mais en peu en retrait et sur une chaise, Caroline suit la conversation. Elle-même porte son attention vers le lieu de vie de Guillaume.

"Il n'empêche j'espère qu'il reprendra sa place au cabinet, poursuit Mirta. Dieu sait à quel point nous avons besoin d'un médecin ici.
-Ce qui m'inquiète surtout c'est pourquoi Guillaume est revenu sans chercher à nous prévenir, fait remarquer Thomas."

Un avis que semble partager toutes les personnes présentent dont le regard de tous est tourné vers l'extérieur, droit vers le coin de la rue où Guillaume Leserman a son appartement.

**********

Le docteur Alibert est présent sur le seuil de l'entrée de l'appartement de Blanche, Nicolas venant de lui ouvrir et se tenant face à lui.

"Blanche vient de partir faire des courses avec Noé, alors mieux vaut ne pas trop nous attarder, commence le chirurgien sans autre forme de préambule."

Son vis-à-vis opine du chef en signe d'assentiment puis il entre dans le domicile de la professeur de français, suivant Nicolas vers la partie salon. Les deux hommes prennent place sur le canapé.

"J'imagine qu'un café est exclu, déclare le docteur de la clinique.
-Pas si tu comptes sur le fait qu'on sache que tu étais présent, rétorque Nicolas avec sécheresse."

Suite à quoi il toise longuement son demi-frère.

"Tu ne crois pas qu'il serait enfin temps de me fournir des explications au sujet de l'homme sur le journal."

Alibert le fixe quelques instants, paraissant tergiverser. Nicolas ne l'ayant jamais connu aussi inquiet. Finalement son demi-frère prend la parole après une minute de silence.

"Il s'appelait Marc Trevinski, débute-t-il sur un ton monocorde. Lui et moi on a fait nos études de médecine à Bordeaux.
-Vous étiez proche, s'enquit le chirurgien de Marseille-est.
-Pas vraiment, reçoit-il en guise de réponse.
-Mais je présume que tu sais pourquoi il a été tué, poursuit Berger."

Nouveau silence qui s'installe durant une bonne trentaine de secondes. Enfin Alibert reprend ses explications.

"Il a été soupçonné d'avoir participé à un viol collectif, lâche-t-il sur un ton qui se veut neutre."

Une révélation qui surprend Nicolas durant une fraction de seconde avant que le masque de l'impassibilité ne vienne s'installer sur les traits de son visage.

"Soupçonné, répète-t-il.
-Ca n'a jamais pu être prouvé. Lui et les autres ont jamais été inquiété.
-Et toi dans tout ça ?"

L'image d'un Alibert inquiet lui revient en mémoire. Toutefois son demi-frère secoue la tête avec énergie.

"Je n'ai rien à voir avec ce qu'il s'est passé, fait-il dans un semblant de virulence. Moi j'ai juste été entendu comme témoin.
-Alors pourquoi te sens-tu autant visé ?
-Je, débute le docteur assez mal à l'aise. Un de mes amis était impliqué. J'ai préféré le couvrir.
-Je vois, se contente de répondre Nicolas Berger sur un ton glacial."

Il se lève, fait les cent pas. Alibert le suit du regard. Finalement le chirurgien continue.

"Donc ce Marc aurait été tué suite à cette vieille affaire ? Comment peux-tu être aussi affirmatif sur la question ?
-Je le sais, se contente d'affirmer son vis-à-vis."

Il est manifeste qu'il ne dit pas tout. Berger n'est pas dupe.

"Soit, mais pourquoi agir maintenant ? Et pourquoi ici à Marseille puisque les événements se sont déroulés à Bordeaux."

Alibert ne répond pas. L'inquiétude est présente sur son visage. Seul Nicolas garde le contrôle du fait de son expérience en tant que tueur en série.

"Cette femme vit ici, déclare le chirurgien sur un ton d'évidence. Je suppose qu'elle a croisé son ancien agresseur et qu'elle a voulu se venger après tout ce temps. Le soucis est que toi tu étais témoin à cette époque. Pourquoi chercherait-elle à te viser au lieu des autres ?
-Pour me faire payer, fait Alibert.
-Mais comment sait-elle que tu vis ici ?"

Alibert fouille dans la poche de son jeans et en sorte une carte d'aspect officiel.

"Elle le sait tout comme elle sait que je suis médecin."

Sur la carte le nom d'Alibert apparaît, il est convié à un congrès de médecins qui doit se tenir le lendemain.

"S. K, interroge le docteur Berger en pointant son index sur la signature.
-Ce sont les initiales pour Sonia Kehler, explique l'autre. Je te l'ai dit, elle veut me tuer moi aussi.
-Et quand as-tu reçu cela ?
-La semaine dernière. Je présume que Marc a reçu quelque chose de similaire.
-Et elle compte sur cette soirée pour agir.
-C'est un piège, confirme Alibert. Et je suis certain que je ne suis pas le seul à avoir été convié à m'y rendre, poursuit-il.
-Je comprends mieux pourquoi tu insisté tant pour que je t'accompagne sur place. Toutefois je doute qu'elle prenne le risque d'agir si vraiment elle a convié autant de monde.
-Et si elle m'attendait en espérant que je sois seul ?
-Tu ne le seras pas, affirme Nicolas. Je viendrai avec toi sur place."

Le soulagement se peint sur son visage d'Alibert.

"Tu pourrais même faire plus, suggère-t-il en jetant un coup d'oeil en biais en direction de Nicolas."

Ce dernier le toise longuement.

"En somme ce que tu attends de moi n'est pas vraiment de t'accompagner mais que je tue cette femme pour l'empêcher de te nuire.
-Oui, se contente de déclarer Alibert.
-L'Enchanteur n'est plus, lui rappelle le chirurgien. Comment oses-tu me demander une chose pareille ?"

C'est en voyant la lueur déterminée et emplit d'espoir que Nicolas a sa réponse. Néanmoins lui-même arbore un air plus sombre tandis que les deux hommes s'observent longuement.

**********

Nathan est au bar du Mistral. Roland, Mirta et Thomas discutent avec lui.

"Et ton père, s'enquit Mirta. Comment va-t-il ?"

De dépit Nathan secoue la tête.

"Je ne sais pas, confesse-t-il, penaud. Il ne m'a pas parlé ni rien de tout le week-end. Il a préféré rester cloîtrer dans sa chambre.
-Ce n'est pas normal, dit Thomas.
-Il ne t'a pas dit pourquoi il était revenu, cherche à savoir Roland."

Une nouvelle fois Nathan secoue la tête en signe de négation.

"Il a dû voir des horreurs là-bas en Syrie, propose Thomas. C'est pour ça qu'il ne veut voir personne.
-Mais enfin nous sommes ses amis, s'insurge Mirta. Pourquoi ne pas nous en parler, nous pouvons comprendre.
-Vraiment, l'interroge Thomas dubitatif et le regard tourné vers l'extérieur.
-Mais oui, s'entête la sexagénaire.
-Moi je crois que Jinan l'a quitté et qu'il a encore du mal à l'accepter, fait Nathan."

Tous le toisent.

"Il est souvent comme ça, continue le professeur de français. Déjà avec Luna il a eu du mal à l'oublier.
-Cette Jinan, débute Mirta sur un ton acerbe.
-Allons Mirta, inutile de la blâmer, débute Roland. Nous ne savons pas ce qu'il s'est passé entre eux.
-Guillaume l'a suivi au bout du monde pour l'aider avec les réfugiés, lui rappelle Mirta. Et elle elle l'abandonne comme ça. C'est vraiment ignoble de se comporter de la sorte."

Mirta est tellement remontée qu'elle semble prête à fondre chez le docteur Leserman afin de lui dire lui faire part de sa pensée au sujet de Jinan.

"Ne fait rien d'irréfléchi, lui conseille Roland.
-Je n'ai rien tenté, rétorque Mirta.
-Je te connais Mirta, réplique son mari. Si Guillaume veut être seul alors laisse-le. Il en a sûrement besoin. Et si vraiment il veut nous parler de ce qu'il s'est passé alors laissons lui le temps de décider du moment qu'il choisira pour le faire.
-Mirta et son grand coeur, fait Thomas.
-Enfin quoi, il n'y a que moi qui me fait du soucis pour lui ou quoi ?
-Tout ce qui t'importe c'est de pouvoir avoir de quoi commérer, lui fait remarquer Thomas."

Et tandis qu'une conversation animée s'engage entre ce dernier et Mirta, Nathan ne les entend plus vraiment, préoccupé quant au retour de son père.

**********

Dans le même temps et tandis que la matinée commence à tirer sur sa fin, la pénombre est toujours présente dans la demeure de Guillaume du fait que les volets sont clos. Pourtant l'intéressé est bel et bien présent à son domicile, affalé sur le canapé, les yeux grands ouverts, fixant devant lui un point qu'il ne semble pas vraiment voir. Quelques cannettes de bière vide jonchent déjà la table basse.
Soudain des coups à la porte principale se font entendre. Le docteur ne bouge pas d'un poil. Son visiteur insiste mais sans obtenir de résultat. Finalement le nouveau-venu appuie sur la poignée de la porte afin d'entrer dans le logement. Il s'agit de la psychologue Caroline Favat.

"Guillaume, s'enquit la brune."

L'intéressé reste enfermé dans son mutisme. Caroline active alors l'interrupteur, illuminant la partie salon d'une lumière artificielle. Eblouit par la soudaine clarté Guillaume papillonne des paupières tout en poussant un grognement irrité. Pour sa part Caroline jette un coup d'oeil désapprobateur en direction des boissons consommés par son ancien compagnon. D'un pas décidé elle se dirige vers la cafetière, constate que cette dernière est à moitié pleine. Et tout en mettant le café à chauffer, prépare deux tasses. Guillaume la regarde faire sans esquisser un geste pour se lever du sofa.
Quelques instants plus tard il est rejoint par Caroline qui lui tend la tasse pleine du liquide chaud.

"Bois ça, lui fait-elle en prenant place à sa droite."

Guillaume obtempère en s'emparant du récipient mais n'avale aucune gorgée, se contentant de la toiser.

"Que fais-tu là, fait-il d'une voix plus ou moins pâteuse.
-Je suis venue voir comment tu allais, lui répond Caroline. Tout le monde parle de ton retour dans le quartier.
-Nathan a déjà colporté la nouvelle, s'irrite le docteur. Super, je sens que les visites ne font que commencer.
-Oh ton fils n'en a pas eu besoin. C'est Mirta qui t'a aperçu ce matin. Depuis elle ne cesse de pérorer. Enfin tu la connais, conclu la psychologue avec un sourire entendu.
-Radio Mistral doit déjà tourner un plein régime, conclu Guillaume.
-Et ce n'est pas prêt de s'arrêter, lui affirme Caroline."

Pendant un court instant les deux anciens compagnons s'enferment dans le silence. Le docteur pose sa tasse sur la table basse, bientôt imitée par sa vis-à-vis.

"Et comment s'est déroulée ta mission humanitaire, finit par lui demander Caroline sur un ton détaché.
-C'était difficile, se confie Guillaume. Les horreurs de la guerre. Ce n'est pas comme ici où je soigne des maux de tête ou de simples rhumes.
-Les gens se demandent si tu comptes reprendre ton cabinet maintenant que tu es là, l'informe Caroline.
-J'en sais rien, avoue l'autre. Pour le moment je veux juste être seul et qu'on me fiche la paix.
-Si jamais tu te décides à revenir je débarrasserai mes affaires."

Guillaume la toise, pas vraiment surpris.

"J'y ai un peu officié pendant ton absence. Histoire que le propriétaire ne décide de le relouer à quelqu'un d'autre.
-Tu peux garder l'endroit si ça te chante, réplique Guillaume. Je n'ai nullement envie d'entendre à nouveaux les pleurnicheries des habitants du quartier au moindre petit microbe qui passerait par là."

Caroline opine du chef, consciente qu'il faudra sans doute quelques jours pour que Leserman accepte de reprendre son rôle de médecin. Elle s'informe alors sur un autre sujet.

"Et Jinan, fait-elle d'une voix neutre. Compte-t-elle bientôt revenir ici ?
-Je ne crois pas, affirme Guillaume soudain lointain. Elle et moi nous ne sommes plus ensembles.
-Oh, fait sottement Caroline. Que s'est-il passé ?
-Une divergence de point de vue, se contente de déclarer Guillaume. Sur la façon de s'occuper au mieux des réfugiés et des conséquences de la guerre."

Caroline acquiesce alors sans mot dire tandis qu'une nouvelle fois le silence vient s'installer dans le logement de Guillaume.

**********

L'accalmie vient de gagner l'hôpital en ce milieu d'après-midi. Profitant de ce moment de répit, Nicolas s'octroie une petite pause sur un des bancs mis à disposition dans le parc jouxtant son lieu de travail. Perdu dans ses pensées il ne remarque pas tout de suite que la jeune Léa Nebout vient de le rejoindre.

"L'endroit est grand, fait-il remarquer à l'étudiante. Il y a bien des places où vous poser sans que j'ai besoin que vous ne me colliez aux basques."

Léa ne relève pas, faisant comme si de rien n'était et déballe un sandwich hâtivement préparé le matin même. Elle entame alors son repas assez frugal sans mot dire. Nicolas lui non plus ne cherche pas à engager une conversation avec l'étudiante. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes que la jeune femme rompt le silence.

"C'était qui le type qui était ici avec vous vendredi, fait-elle comme si en vérité elle se contrefichait de la réponse."

Nicolas est loin d'être dupe face au ton employé par sa voisine de banc. Il la fixe avant de répondre.

"Je ne comprendrai jamais pourquoi vous aimez tant vous mêler des choses qui ne vous regardent pas, lâche-t-il. Enfin je présume qu'on ne peut pas s'attendre à autre chose d'une fille qui a été élevé par un flic.
-C'est juste que je croyais le connaître, se justifie Léa.
-Vraiment ? Vous avez déjà eu affaire au docteur Alibert ? J'en doute.
-Pourtant, commence-t-elle.
-Il officie dans une clinique, la coupe Nicolas. Alors ne me faites pas croire que vous le connaissez. Si vous tenez tant à savoir ce qu'il me voulait il est inutile de tourner autour du pot. Ainsi vous pourrez tout rapporter comme une gentille petite fifille.
-Je n'en avais pas l'intention, réplique la jeune femme piqué au vif. C'est simplement que je vous ai senti très proche.
-Je pourrai en dire tout autant de vous et d'une certaine aide-soignante, morigène Nicolas avec un sourire narquois."

Une remarque qui vexe l'étudiante en médecine qui se lève d'un bond et disparaît en direction de l'hôpital. Nicolas la toise en train de s'éloigner, un sourire satisfait éclairant son visage suite à ce départ. Une fois seul il sort la carte d'invitation que son frère a reçu quelques jours auparavant. Il avise les initiales en bas de bout de papier. Ses mains se mettent à trembler légèrement tandis que dans un nouveau flash il revoit l'album où figurent les photos de ses victimes lorsqu'il officiait en tant que l'Enchanteur.

"Pas maintenant, se sermonne-t-il."

Tout à coup il avise la directrice Jeanne Carmin, qui tout comme Léa Nebout, se rend vers l'établissement de soins. Nicolas quitte donc son banc pour la rejoindre au plus vite sans chercher à donner une sensation de précipitation.

"Madame la directrice, fait-il sur un ton aussi poli que possible."

L'intéressée l'entend, s'immobilise et pivote pour toiser le chirurgien, attendant la suite.

"Que se passe-t-il docteur Berger ?
-Je crois bien que je ne suis pas dans mon assiette aujourd'hui, débute-t-il."

Jeanne ne répond rien, continuant à attendre.

"Je ferai mieux de rentrer avant que je ne m'écroule, confesse Nicolas.
-Il me semble que vous avez pourtant une opération à mener dans moins d'une heure, rétorque Jeanne Carmin d'une voix autoritaire. Je doute donc que vous puissiez vous permettre de jouer les malades imaginaires pour vous dispenser d'exercer vos fonctions.
-Vous préfériez peut-être que le manque de sommeil me fasse commettre une erreur ? Dois-je vous rappeler ce qu'il en coûterait à l'hôpital si ça devait être le cas.
-Vous êtes sur le planning pour pratiquer l'appendicectomie. Et vous la ferez, tranche la directrice de l'hôpital Marseille-est.
-Je suis certain que la jeune Nebout s'en tirera à merveille et pourra gérer la situation comme une grande fille, réplique-t-il avec un léger sourire. Sur ce je vous souhaite une excellente journée madame la directrice, conclu-t-il avec un ton plus goguenard."

Suite à quoi, et sans laisser à l'autre le temps de répliquer, il tourne les talons avant de s'en aller.

**********

Nathan a passé la journée a hésité avant de finalement se lancer. Voilà pourquoi il se tient à présent sur le seuil de l'ancien lieu où il a vécu une bonne partie de son existence. La porte n'est pas verrouillée et il entre donc à l'intérieur. Guillaume est présent, lui tournant le dos, occupé au niveau du plan de travail.

"Papa, fait-il, appréhendant un rejet."

Le docteur pivote sur ses pieds, le toisant longuement.

"Nathan, réplique-t-il.
-Je suis content que tu sois là, avoue le jeune homme. Tu m'as tellement manqué et ... .
-Et tu espères que mon retour va te permettre de trouver un endroit où vivre."

Nathan est surpris par les propos de son père. Cela se voit sur son visage.

"Inutile de le nier, j'ai eu vent de tes aventures. Enfin tes mésaventures devrai-je dire.
-Luna ?
-Perdu, déclare Guillaume. Et peu importe, je ne veux pas de toi ici."

Pour le coup cette affirmation est plus dure à encaisser par Nathan que s'il avait reçu une gifle en plein visage.

"Mais ... . Mais, bredouille-t-il.
-Tu es un adulte Nathan. Il serait grand temps que tu te comportes comme tel. Je suis parti plusieurs mois et apparemment cela n'a pas suffit pour que tu grandisses pendant tout ce temps.
-Je sais pas où aller, confesse le professeur d'anglais.
-Et moi j'ai besoin d'être seul. Pourtant je crois bien que c'est peine perdu dans ce quartier à moins que ça ne soit trop demandé.
-Tu ... . Tu vas repartir, cherche à savoir Nathan."

Voyant que le docteur ne lui répond pas, le jeune homme décide de poursuivre et dire ce qu'il ressent.

"J'espère que non. Tu m'as beaucoup manqué papa."

Guillaume se détourne, il semble avoir les larmes aux yeux tandis qu'il se tient la main droite. Il souffle un bon coup, tâchant de prendre une expression souriante pour cacher son émotion passée.

"Toi aussi tu m'as manqué Nathan."

Le père et le fils se font alors une accolade.

"Et Jinan, commence Nathan. Tu sais quand elle te rejoindra ?
-Je crois bien qu'il me faille attendre encore longtemps. Elle et moi ne sommes plus ensembles, lui apprend le docteur Leserman."

Cependant il n'a guère le temps de s'appesantir sur la question puisque des coups frappés à la porte attirent l'attention des deux hommes. C'est Nathan, le plus proche de l'entrée, qui va ouvrir. Il est étonné d'apercevoir le lieutenant Boher sur le seuil.

"Lieutenant Boher, fait Jean-Paul. Votre père est là ?"

Nathan tourne vers la tête vers l'intéressé, l'interrogeant du regard. Guillaume s'approche pour se révéler au représentant des forces de l'ordre.

"Qu'est-ce qu'il se passe, demande-t-il sur un ton neutre.
-Veuillez me suivre au commissariat, nous avons quelques questions à vous poser.
-Papa, dit Nathan avec inquiétude.
-Tout va bien, affirme celui-ci sans paraître comprendre la raison de la requête de Jean-Paul."

Le policier et le médecin sortent alors du logement Leserman, Nathan demeurant seul. Le jeune homme ne dissimule en rien la crainte qui l'habite de voir son père récemment arrivé se voir obliger de suivre la police.

**********

Blanche est dans la cuisine, préparant le repas du soir. Le son de la porte qu'on déverrouille lui parvient et quelques instants plus tard Nicolas lui apparaît sur le seuil de la porte. La femme se tourne vers l'homme.

"Alors comment a été ta journée, s'enquit-elle tout en retournant à ses préparatifs.
-Longue, affirme le chirurgien. Je viens seulement de terminer la dernière opération."

Il est manifeste que ce n'est pas le cas puisqu'il a passé une partie de la journée hors de l'établissement de soins. Blanche termine ce qu'elle à faire avant de pivoter une nouvelle fois.

"Tu vas bien, interroge Blanche. Tu sembles tout pâle."

Nicolas ne lui répond pas et se dirige vers le canapé. Gagné par l'inquiétude, Blanche s'empresse de le rejoindre et de se placer à ses côtés. Pendant un instant l'homme ne prononce rien avant de placer son bras autour des épaules de son épouse.

"Je t'aime Blanche, tu le sais n'est-ce pas ?"

Devant une telle déclaration aussi soudaine qu'inattendue, l'intéressée le toise avec des yeux ronds. Quant à Nicolas Berger, il décide de poursuivre.

"Tu n'imagines pas à quel point tu me donnes du courage. Le courage de continuer à avancer. De pouvoir être qui je suis."

Blanche demeure toujours aussi muette, stupéfaite par ce discours. Finalement elle se reprend.

"Tu es certain que tout va bien ?
-Oui mon amour, assure l'autre en lui déposant un léger baiser sur les lèvres.
-Tu ne vas pas me dire que tu es malade ou un truc du genre, dit Blanche avec une soudaine peur dans la voix.
-Pas du tout, rassure Nicolas. C'est que j'ai peur de te perdre. Je ... . J'ai besoin de toi Blanche. Plus que je ne saurai te le dire.
-Et je suis là, glisse-t-elle tout en se lovant dans ses bras. Tu pourras toujours compter sur moi.
-Quoi que je fasse, cherche à savoir le chirurgien.
-Tout ce que j'ai besoin c'est que tu me fasses confiance, rétorque Blanche.
-Quoi que je choisisse de faire sache que j'ai toujours été sincère avec toi."

Nicolas cherche ses mots un court instant.

"Ne m'abandonne pas."

Blanche se redresse afin de le fixer au fond des yeux.

"Tu crois vraiment que j'en ai envie ? Moi aussi je t'aime grand bêta."

Elle l'embrasse avant de reprendre sa position, heureuse d'être avec et contre lui. Pour sa part, Nicolas lui caresse machinalement le dessus du crâne, son regard se faisant lointain. Pensant très certainement à la demande que lui a formulé Alibert le matin même.

**********

Pendant ce temps là, en salle d'interrogatoire, Guillaume est assis sur une chaise, faisant face à Patrick et Jean-Paul qui se tiennent sur leurs pieds.

"Peut-on savoir pourquoi je suis là, interroge le médecin. Je viens tout juste de rentrer de mission humanitaire et là-dessus la police vient m'arrêter chez moi.
-Nous ne vous avons pas arrêté docteur Leserman, assure le commandant."

Guillaume jette un coup d'oeil au décor qui l'entoure, manifestement dubitatif quant à l'affirmation de l'un de ses vis-à-vis.

"C'est tout comme en tout cas.
-Quoiqu'il en soit vous feriez mieux de ne pas nous mentir, poursuit Nebout. Nous savons très bien que vous êtes de retour depuis au moins une semaine.
-Et alors ? C'est un crime ?
-Pas si vous ne satisfaisiez notre curiosité, déclare Jean-Paul.
-Pourquoi être revenu ici et ne pas se manifester auprès de votre entourage, le questionne Patrick.
-Parce que je n'en avais pas envie. Je reviens d'une zone de guerre, ajoute-t-il pour répondre à l'interrogation étonnée du regard des deux autres. J'y ai vu des horreurs et pleins de choses qui ont hanté mes nuits. J'avais besoin d'un peu de solitude pour me réadapter à la vie civilisé, de redécouvrir le bruit des gens, des voitures, de la ville.
-Sans dire à vos proches que vous étiez sur la ville de Marseille, rétorque Patrick qui demeure dubitatif.
-Je savais qu'ils ne pourraient pas comprendre ce que j'ai vécu, lâche Guillaume. Je n'aurai jamais pu essayer d'oublier en retournant directement au Mistral puisque tous m'auraient bassiné nuit et jour que je reprenne mon rôle du médecin de quartier. Et franchement après ce que j'ai fait là-bas je ne me pensais pas capable de supporter de les entendre débiner leur petit tracas quotidien."

Durant un court instant le silence se fait dans la pièce. Finalement Guillaume reprend la parole.

"Enfin je suppose que la raison de ma présence dans cette salle n'a rien à voir avec le pourquoi de mon retour en France.
-Non en effet, confesse le commandant."

Suite à quoi il entreprend de faire glisser sur la table l'image imprimée d'une vidéo de surveillance où malgré le noir et le blanc, Guillaume y est reconnaissable ainsi que l'homme abattu quelques jours plus tôt.

"Cet individu est mort le matin du 12 juillet. Et vous voyez la date sur la photo ? Vous êtes certainement le dernier à avoir vu cet homme vivant.
-Donc si je comprends bien c'est moi que vous soupçonné de ce qui lui est arrivé.
-Des témoins affirment que lui et vous vous êtes affronté dans un bar dès le début de soirée. Je présume que, l'alcool aidant, la situation a dérapé un peu plus tard.
-Et que je l'ai ensuite tué, s'indigne Guillaume. Vous avez vraiment rien d'autre à faire que de me coller un meurtre sur le dos ?
-Dans ce cas expliquez-vous, fait Jean-Paul.
-Et dites nous qui était cet homme et pour quelle raison vous vous êtes querellé.
-Un simple différent sur le conflit syrien, leur apprend Guillaume. Rien qui justifie que j'élimine une vieille connaissance.
-Donc vous connaissiez bel et bien cet homme.
-Nous avons fait nos études de médecine ensemble, explique Leserman. Ca fait des années que nous nous étions pas vu.
-Ce qui n'a pas empêché de vous battre, fait remarquer Jean-Paul.
-Nous ne nous sommes pas battus, s'irrite Guillaume. Le ton est monté mais c'est tout.
-Et comment se nommait cet homme, questionne le commandant.
-Marc Trevinski. Il opère toujours dans la région Bordelaise. Enfin il opérait.
-Et vous a-t-il dit pourquoi il était sur Marseille.
-Il était invité à participer à un congrès. Celui-ci doit avoir lieu demain si je me souviens bien."

Les deux policiers se regardent longuement avant de reporter leur attention sur leur témoin.

"Et vous a-t-il dit autre chose à ce sujet ?
-Il était surprit. Il n'avait pas eu vent d'un tel événement. Et d'ailleurs il ne comprenait pas pourquoi il avait reçu une invitation. Tout comme moi il est juste un médecin de quartier, pas un grand chirurgien ou autre.
-C'est certainement l'assassin qui a voulu le piéger en l'attirant ici à Marseille. Si c'est le cas alors c'est bien un règlement de compte, poursuit le commandant. Savez-vous si votre ancien camarade avait des ennemis ou quelque chose à se reprocher."

Guillaume réfléchit durant une bonne douzaine de secondes.

"Je ne sais rien de sa vie actuelle, confesse-t-il. Tout ce que je sais c'est qu'à l'époque où on était étudiant il fut soupçonné d'avoir participé au viol d'une de nos camarades.
-Et il a été condamné, veut savoir le lieutenant Boher.
-Non, des témoins les ont blanchi.
-Pourtant ce Trevinski semble avoir été amené à venir ici avant que quelqu'un ne le tue.
-Savez-vous comment s'appeler la victime du viol, dit Nebout."

Une fois encore Guillaume se plonge dans ses réflexions avant de secouer la tête en signe de dénégation.

"Je ne m'en souviens plus.
-Cette femme doit être venu s'installer ici, souligne le commandant. Si c'est bel et bien elle qui se cache derrière cet assassinat alors il nous faut la retrouver.
-Vous avez dit que Marc Trevinski aurait participé au viol, fait remarquer Jean-Paul. Donc j'en conclu qu'il n'était pas seul quand ça s'est produit.
-Plusieurs étudiants furent soupçonnés, confie Guillaume. Je crois qu'aucun d'entre eux n'a eu de soucis avec la justice avec cette histoire.
-Comme c'est étrange, constate Nebout. Je présume que certains étaient des fils à papa avec de bonnes relations. Quoiqu'il en soit quelque chose à pousser cette femme à agir après toutes ces années. Et si, comme vous le dites, ce Trevinski n'a pas agi seul, il est fort probable qu'elle est cherchée à attirer d'autres hommes ici afin de les éliminer également."

Une funeste prédiction qui ne semble pas pour plaire aux deux policiers qui une nouvelle fois se regardent, comprenant que le temps joue certainement contre eux.

FIN DE L'EPISODE.
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