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Ecriture du scénario Fofopo11
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L'ÉCRITURE

Voici un vieux résumé d'un épisode de février 2006 :

"Alice, une ancienne conquête de François, revient au Mistral. Dans ses valises, un joli fantôme répondant au doux nom de Nadine débarque pour hanter le Select et fricoter avec Lucas dans une rencontre amoureuse du troisième type."

Comment en est-on arrivé là ? Petit retour en arrière.

Nous avons suivi l'écriture de Plus belle la vie des premiers jets d'encre des scénaristes à la bouche des comédiens.


1/ Le scénario : La réunion des grands chefs. C'est autour d'une table que tout commence avec entre autre le directeur des programmes et le directeur de la fiction de France 3, les producteurs de Plus belle la vie et le directeur de l'écriture (appelé directeur de collection). Tous les trois mois, la petite troupe d'une dizaine de personnes débat et élit les trois grandes intrigues qui rythmeront le feuilleton. Ce lundi 23 mai 2005, l'intrigue du fantôme du Mistral est adoptée…La première version du scénario, V1 pour les initiés, restera enfermée dans un coffre cadenassé pour éviter que des curieux tombent dessus.


2/ L'écriture : Le calendrier indique jeudi 24 novembre. Une dizaine de scénaristes se réunit pour faire vivre le feuilleton. Confortablement installée, la joyeuse troupe fait le pitch des grandes intrigues à venir qui s'étaleront sur quarante, cinquante épisodes. Soixante pour les plus spectaculaires.

Une fois la ligne directrice de chaque intrigue débattue, l'équipe se scinde en quatre groupes de deux pour rentrer plus précisément dans chaque aventure, la couper en épisodes puis diviser ces épisodes en séquences. Rapide calcul : à hauteur de sept séquences par épisode pour l'intrigue principale et compte tenu du nombre d'épisodes par intrigue, on arrive à 400 séquences pour certaines intrigues ! Ce qui en dit long sur l'ampleur de la tâche qui attend l'équipe pour faire vivre, rebondir, alimenter l'histoire et laisser scotché le téléspectateur sur son canapé.



Olivier Szulzynger


Olivier Szulzynger, le directeur de collection, et l'un de ses acolytes Nicolas Durand-Zouky se collent à l'intrigue du fantôme du Mistral pour l'écriture de son dénouement. Dans cette envolée fantastique, la plus insolite depuis les débuts de Plus belle la vie, l'imagination va bon train : "On essaie d'aller de plus en plus loin, confirme Olivier. Notre unique contrainte est que les personnages restent fidèles à eux-mêmes mais derrière on peut faire évoluer tant qu'on veut le papier peint. L'idée du fantôme, comme celle de l'hypnose dans la première saison, permet de faire évoluer le genre. On a 5 millions de téléspectateurs dont un important public de jeunes à qui on doit offrir de la nouveauté. L'aventure de Lucas avec le fantôme, c'est ça qui me motive et c'est vers ça qu'on doit aller… Pourquoi pas des extra-terrestres au Mistral ? ".

Nicolas Durand-Zouky renchérit : " Plus on teste de choses, plus on fait entrer de nouveaux codes dans la production télé. Plus belle la vie est entrain de défricher un terrain miné jusqu'ici en France. Si les gens regardent le feuilleton, c'est aussi parce que ça les change des autres programmes. "

Revenons à nos moutons ou plutôt à nos fantômes. A coups de "si je pousse plus loin le truc" ou "si je disais n'importe quoi", Olivier et Nicolas mutent les hypothèses les plus folles en possibilités avant de les transformer en évidences. Résultat : Lucas tombe dans le coma, entraîné dans ses rêves par le fantôme de Nadine avec lequel il aura une aventure dans l'au-delà… Excusez du peu ! Reste à soumettre l'idée, détaillée en séquences, au reste des scénaristes à nouveau réunis dans la pièce commune. Olivier raconte en y mettant les formes, les autres écoutent attentivement. Au cliff final, l'assemblée est convaincue.


3/ La validation des intrigues :

- A Paris : Les séquenciers sont envoyés à France 3. La chaîne veille au respect de la ligne éditoriale validée au départ et donne son avis sur les rebondissements trouvés par les séquenceurs. Verdict : le fantôme du Mistral peut continuer à effrayer les hôtes du Select…

- A Marseille : Les séquenciers voyagent jusqu'à Marseille. L'équipe d'écriture phocéenne regarde si, techniquement, le scénario de la semaine se prête au tournage en plateau. Verdict : mettre sur pied un fantôme fait trembler le directeur artistique plateau mais le challenge est relevé…


4/ Réunion des scénaristes :

Lundi 5 décembre. Olivier Szulzynger vient présenter les futurs scenarii aux dialoguistes, ceux qui écrivent les répliques des personnages, en détaillant les séquences une par une. Tout est précisé dans la réunion : le ton employé par Roland, l'humeur de Blanche, le caractère de Samia ou encore l'évolution de la relation entre Rudy et Ninon… Pas de place à l'improvisation ! Les séquenciers font l'objet d'âpres discussions : les dialoguistes réajustent les petites erreurs de cohésion et approfondissent les subtilités des personnages.

Exemple : Une recherche est lancée pour connaître le dialecte proéminent au Tchad, détail qui pourra servir dans l'intrigue autour de Gali. Les minutes s'égrènent jusqu'à la présentation de l'intrigue du fantôme…

Réaction : Entre stupeur et tremblements. Les dialoguistes s'amusent de l'intrigue mais d'avis général : " faire parler un fantôme, c'est pas évident ! " Les rires suivent la réplique…mais des rires tout en contrôle. Un gobelet en plastique, baptisé " caisse à bavard ", est là pour rappeler à l'ordre les dialoguistes égarés dans d'autres pensées. A chaque fois que l'un d'entre eux fait une blague ou digression qui fait perdre du temps à l'assemblée, il doit remplir le gobelet de quelques euros. A la fin de la saison, le contenu du verre en plastique sera transformé en champagne. En attendant les dialoguistes repartent avec leurs séquenciers sous le bras afin d'en écrire des répliques.


5/ Script editors : Ils jouent le rôle d'entonnoir entre Paris et Marseille. Tous les textes dialogués passent par eux avant de gagner la Cannebière. Eux, ce sont Isabelle Dubernet et Eric Führer, partenaires dans le travail et couple bohème dans la vie. Ils nous ont reçu à bord de leur péniche parquée sur les berges de la Seine, dans les Yvelines. Un lieu de vie et de travail atypique pour un couple…atypique.


Quand l'un commence une phrase, l'autre la finit, quand l'un relit un texte, l'autre prend la suite et quand l'un appelle Toutoune, le labrador va de l'un à l'autre.sans faire de différence. Il faut s'y faire Isabelle Dubernet et Eric Führer ne font souvent qu'un. Leurs amis et collègues ne parlent d'ailleurs d'eux qu'en tant que DubyFufu, contraction de leurs noms de famille respectifs.

La romance débute en 1989. A l'époque, Isabelle est assistante productrice et Eric assistant réalisateur sur la série Maguy (mais si souvenez-vous Marthe Villalonga, Rosy Varte et Jean-Marc Thibault !). rien à voir avec l'écriture ! Sauf que : "Isabelle tapait les textes de la série", précise Eric. "Alors forcément à force de voir défiler les scénarii, j'ai eu l'idée de m'y mettre", poursuit Isabelle. "Le problème : j'avais des qualités rédactionnelles mais pas d'idées pour les histoires".

Heureusement Eric, le robinet à histoires, a croisé son chemin. "Ça a été le début de notre association. On avait beaucoup de points communs ne serait-ce qu'avec notre cursus scolaire. On venait tous les deux de l'Ecole Supérieure d'Etudes Cinématographiques mais on ne s'était jamais croisé avant Maguy", conclut Eric.ou Isabelle, on s'y perd ! La confusion est d'autant plus facile qu'ils partagent le même métier de script editor.

Mais au fait, que se cache-t-il sous cette appellation barbare ? Un rôle de synthèse du travail d'équipe des dialoguistes. Le couple relit tous les dialogues et apporte les modifications nécessaires pour obtenir une écriture cohérente, en adéquation avec les personnages. sans oublier de gommer les erreurs : "Les dialoguistes travaillent souvent en même temps sur les mêmes personnages, ne les voient pas forcément de la même façon et donc ne les font pas parler de la même façon, " confient DubyFufu. "Tout notre travail consiste à homogénéiser les dialogues et à corriger les incohérences." Comme par exemple lorsque un dialoguiste voulait faire aller Céline à la piscine. Grosse bourde puisque (tu l'auras corrigé de toi-même) l'aînée des Frémont à la phobie de l'eau depuis que son frère jumeau s'est noyé.

En amont, les scripts editors trouvent un ton, un vocabulaire, une façon de parler et une façon de réagir propre à chaque personnage. Sans tomber dans la caricature. Exercice périlleux : "On essaie de donner une véritable couleur à chaque personnage sans que l'un vienne empiéter sur les platebandes de l'autre. Par exemple, lorsque Juliette tombe amoureuse de Gali, on voulait vraiment qu'elle vive son histoire à fond. Le danger ? Sa love story ne devait pas devenir rose bonbon qui est le style d'amourette réservée à Ninon !"

Reste que pour faire les discours de Rachel comme ceux de Johanna, le couple doit savoir faire le grand écart générationnel. Tâche délicate quand on sait à quel rythme le langage ado évolue. Nos scripts editors, la quarantaine atteinte, ont une solution infaillible logée dans la soute de leur péniche pour rester "chébran". Quatre cabines où logent leurs quatre matelots en culotte courte : "On se base beaucoup sur notre entourage et notamment nos enfants pour faire évoluer les dialogues. Ils sont bien ancrés dans la réalité de leur âge. C'est du pain béni pour nous ! En plus, ils adorent le feuilleton et n'hésitent pas à nous donner des conseils".

Pas une once de jalousie de leur part envers Plus belle la vie qui prend beaucoup de temps à papa et maman notamment le dimanche, veille de la remise des textes ? "Non. A leur âge, ils aiment bien que les parents leur fichent la paix le week-end ! C'est vrai que pour ça nos enfants sont des anges."

De l'ange au fantôme, il n'y a qu'un battement d'aile. L'occasion de demander au couple sa réaction lorsqu'il a vu débarquer le spectre de Nadine au Mistral. "L'obstacle pour nous, a été d'appréhender la psychologie du fantôme. Comment parle-t-il ? Comment réagit-il ? Pour ne pas que le téléspectateur s'identifie à lui, Eric a eu l'idée de lui faire répéter les mêmes phrases sans qu'il n'y ait jamais de dialogues. Quand le fantôme s'adresse à Lucas, il lui susurre juste "fais attention à ton père, fais attention à ton père" mais il ne livre aucun indice pour garder un aspect mystérieux... C'est ça le charme de Plus belle la vie, on dialogue sur tous les sujets ! "Sans compter une régularité dans le travail, plutôt rare dans le métier. Même si le risque est de tomber dans le Plus belle la vie à plein temps : "C'est vrai qu'on en parle matin, midi et soir avec Eric, poursuit Isabelle. On relit chacun tous les textes alors quand l'un est dessus, il en discute avec l'autre et vice versa. C'est un vrai métier de couple. Même en vacances, le téléphone reste allumé pour suivre l'évolution des histoires. Mais on ne se plaint pas ! L'ambiance entre dialoguistes est excellente, on forme une bonne équipe. Puis au regard des audiences, on est plutôt fiers." Preuve que DubyFufu ont vraiment bien mené leur barque. ou plus exactement leur péniche.




Lexique :

- Une arche : Terme utilisé pour désigner une intrigue du feuilleton. L'écriture de PBLV distingue deux types d'arches : Les arches longues désignant une intrigue de type romanesque et/ou mélodramatique, bâtie, le plus souvent sur un suspense policier fort et dont la durée de vie est de deux à trois mois environ. L'arche du fantôme en est le principal exemple. L'arche "famille" est une intrigue de type sentimentale bâtie autour d'enjeux personnels et ancrée dans une réalité contemporaine. L'arche moyenne, du type du braquage de Luna et Christelle, s'espace sur une période d'environ un mois.

- Un Cliff :
abréviation de cliffhanger (qui vient de cliff qui veut dire falaise et hang qui signifie accrocher), le cliff désigne la dernière scène d'un épisode, laissant généralement les personnages dans des situations périlleuses. Un cliff réussi doit laisser le téléspectateur "accroché" et susciter chez lui l'envie de connaître la suite.

- Un pitch :
anglicisme (du verbe to pitch : lancer) qui désigne, à l'origine, l'argument de vente succinct d'un film, lancé par un auteur à l'intention d'un décideur ou par un distributeur à l'attention du public.

- Un séquencier :
Episode écrit séquence par séquence qui intervient entre l'arche et l'épisode dialogué.

- Directeur de collection : Auteur qui dirige l'écriture d'une fiction et qui veille au respect de la ligne éditoriale.

- Directeur artistique : Responsable chargé de décider sur la faisabilité technique d'un épisode et chargé de sa mise en scène. Le directeur artistique intervient sur les choix des comédiens, du décor, des accessoires, des costumes….


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